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jeudi 25 mai 2017

Casino Royale de Martin Campbell, 2006

CASINO ROYALE
de Martin Campbell
2006
Grande Bretagne/Etats-Unis/Allemagne/Tchécoslovaquie
avec Daniel Craig, Eva Green, Mads Mikkelsen, Caterina Murino, Judi Dench, Jeffrey Wright
Espionnage/action
145 minutes
Collection James Bond
Chanson du générique, « You know my name »,  interprétée par Chris Cornell
Budget : 150 000 000 dollars
Recettes mondiales au box- office : pratiquement 600 000 000 dollars
Synopsis :
Ouganda,  milieu des années deux- mille…
James Bond, nouvel agent promu du MI6, provoque des explosions lorsqu’il doit appréhender Monsieur Mollaka, un trafiquant ; sa supérieure, M, le congédie et le force à prendre des vacances, suite au bazar diplomatique que cela a causé…
Madagascar, un dangereux terroriste appelé « Le Chiffre » veut blanchir une forte somme d’argent, il transfère les millions de dollars avec un malfaiteur et les convertit en actions Skyfleet, Skyfleet étant un nouvel avion qui vient d’être construit et qui doit être inauguré dans un aéroport…
Bond a vent qu’un attentat contre le Skyfleet va avoir lieu et parvient à l’éviter in extremis…
Ruiné, « Le Chiffre » pense retrouver sa fortune en organisant une partie de poker dans un casino du Montenegro, Bond fait partie des joueurs ; Solange Dimitrios est mandatée par son mari au nom de code « Ellipsis » pour séduire Bond ; il s’agit d’un piège et Bond manque de décéder d’un arrêt cardiaque, après que son cocktail ait été drogué…
Vesper Lynd, une superbe brune qui est agent du trésor, suit James Bond durant la partie ; la particularité du « Chiffre » est qu’il pleure du sang de l’œil gauche lorsqu’il est déstabilisé, ce que Bond n’oublie pas de remarquer…
Le terroriste ougandais Mollaka retrouve « Le Chiffre » et veut récupérer son dû, il menace de lui couper la main ; Bond et Vesper sont capturés par « Le Chiffre », Bond sera torturé et « Le Chiffre » abattu par un mystérieux Mr. White…
Bond et Vesper se retrouvent à Venise où ils pensent vivre une idylle, Bond donne sa démission au MI6 ; lorsque Vesper part déposer l’argent à la banque vénitienne, elle est attaquée !
Mon avis :
Première nouvelle de Ian Fleming dans l’ordre chronologique des James Bond et premier film avec Daniel Craig qui succède à Pierce Brosnan, « Casino Royale » met en exergue un nouveau 007, plus brutal et plus énigmatique à la fois, dès les premières secondes du film, Craig donne une crédibilité instantanée au personnage de l’agent secret et l’action virevolte sans discontinuer…
Puis vient la fameuse partie de poker et le personnage de Vesper Lynd (superbe Eva Green) et l’histoire prend une tournure plus posée… jusqu’à ce que Bond manque de mourir (l’arrêt cardiaque) et malheureusement le scénario pâtit d’une faiblesse (Craig entame une course athlétique cinq minutes après !), mais heureusement la densité des personnages et le relief des situations fait passer cette incohérence comme une lettre à la Poste !
La modernité et la technologie font partie intégrante du métrage et « Casino Royale » se dote de moyens conséquents malgré un numérique pachydermique dans la séquence de l’écroulement des bâtiments à Venise, mais il ne faut pas faire la fine bouche, le spectacle est rafraichissant et plaisant et l’intrigue prend en haleine du début à la fin…
Le personnage du « Chiffre » est à ce titre particulièrement pervers et la scène de la torture assez dure à visionner, mais elle est désamorcée par un humour culotté et la réplique de Bond qui atténue la violence qu’on lui assène vis-à-vis du spectateur…
Au demeurant, « Casino Royale » reste un des meilleurs segments des Bond même si « Skyfall » , sorti six années après, le dépasse largement…
C’est surtout et principalement l’occasion de revigorer le personnage qui s’était essoufflé sur la fin de la quadrilogie avec Pierce Brosnan, qui ne devenait pas très folichonne ; avec l’introduction de Daniel Craig pour endosser 007, cela donne un sacré coup de fouet au personnage, ce que les fanatiques de la saga ne pourront nullement déplorer…
« Casino Royale » est un Bond très appréciable et pour un début de Daniel Craig, ça démarre sur les chapeaux de roue, tous les ingrédients pour faire un succès sont présents (notamment les deux James Bond girls, Eva Green et Caterina Murino, splendides de beauté à l’allure charismatique), l’action ne faiblit jamais et Daniel Craig semble être très à l’aise, gravitant d’un pôle à l’autre avec la même prestance, qui fait qu’on l’identifie directement à James Bond…
Bref, « Casino Royale » est un régal et eut un succès colossal au box-office, il contenta aussi bien les puristes de la saga que les simples spectateurs lambda et reste, encore une décennie après, considéré comme un des meilleurs segments des James Bond…
Un Bond retentissant et à visionner sans la moindre modération !

Note : 9.5/10





Skyfall de Sam Mendes, 2012

SKYFALL
de Sam Mendes
2012
Grande Bretagne/Etats unis
avec Daniel Craig, Javier Bardem, Bérénice Marlohe, Naomie Harris, Judi Dench
Espionnage/action
143 minutes
Collection James Bond
Chanson du générique interprétée par Adèle
Budget : 200 000 000 dollars
Recettes mondiales : 1 108 561 013 dollars
Synopsis :
Turquie, ville d’Istanbul…
James Bond est à la recherche d’un disque dur qui contient toutes les identités des agents du MI6 et qui a été volé par Tiago Rodriguez qui se fait aussi appeler Raoul Silva, il est aidé dans sa tâche par Miss Moneypenny ; après une gigantesque course poursuite en moto, Bond atterrit sur le toit d’un train et dans la bagarre avec son assaillant, Moneypenny, sur ordre de M qui supervise l’opération à distance, tire sur James Bond et rate sa cible, Bond tombe d’un pont et est laissé pour mort !
Bond est en fait bien en vie et a survécu miraculeusement à sa blessure, il tire un trait momentané sur son activité d’agent secret et boit beaucoup d’alcool ; c’est alors qu’une attaque terroriste vise le siège du MI6, Bond voit les dégâts par l’intermédiaire de la télévision, il se manifeste auprès de M et passe un test pour son retour auquel en fait il échoue mais M lui cache la vérité et le réintègre…
Raoul Silva déclenche une terrible cyber attaque où huit agents sont tués ; les éclats de la balle tirés par le pistolet de l’assaillant de Bond sont analysés et remontent jusqu’à un certain Patrice ; Bond est piégé par Séverine, une escort girl et se fait kidnapper par les hommes de Silva…
S’ensuit une traque qui mène Silva dans le métro londonien, au beau milieu de la foule, puis ce dernier parvient à s’introduire dans un bâtiment du MI6 où M était auditionnée…
Bond se réfugie in extremis dans le manoir « Skyfall » qui fut la demeure de ses parents, il retrouve Kincade, le garde-chasse du manoir et met M en lieu sûr, cette dernière étant menacée de mort par l’ignoble Silva…
Un soir, Silva et ses hommes retrouvent la trace de Bond et de M, ils donnent l’assaut dans le manoir « Skyfall » !
Une lutte acharnée commence…
Mon avis :
« Skyfall » marque l’anniversaire des cinquante ans de la saga James Bond qui fut initiée par « James Bond contre Dr. No » en 1962, autant dire que les producteurs ont mis le paquet et qu’ils offrent au spectateur un condensé de tout ce qui a été mis en lumière durant les décennies antérieures avec une touche ultra moderne et un casting hallucinant (Bardem tient une composition de psychopathe comme rarement vue !), « Skyfall » emprunte même les codes de la série « 24 heures chrono » avec comme points d’orgue une cyber attaque et une poursuite dans le métro !
L’entame est fracassante avec les cascades en moto qui sidèrent par leur inventivité et leur sens de l’action ; Miss Moneypenny tient, pour une fois, un rôle essentiel avec son doublon avec 007 et la fusillade sur le train est à couper le souffle, James Bond est-il mort ?
Non, bien sûr, cette originalité scénaristique renforce l’empathie que le spectateur a pour lui et dès lors, le film peut s’enclencher, s’envoler vers une trajectoire qui s’avère démentielle !
Silva est sans conteste un des pires méchants que l’on a pu voir dans la saga, le sadisme et la méchanceté dont il fait preuve n’ont d’égales que sa cruauté et sa psychopathie…
L’issue est un retour aux sources pour Bond puisqu’il réintègre ses origines, la génèse de son existence : le manoir de ses parents : « Skyfall » !
Tout est quasiment tourné de nuit lors d’un assaut dantesque qui fera perdre un personnage clef de la saga ; les moyens mis à disposition sont, dès lors, colossaux et rien ne semble arrêter le côté jusqu’au-boutiste de la réalisation, c’est purement et simplement l’apocalypse !
Avec « Skyfall » ça frappe très fort, on peut le considérer dans le tiercé de tête des meilleurs segments de toute la saga, il y a une plus grande implication dans la psychologie des personnages, plus d’intensité et de viscéralité dans l’histoire et un côté mystique avec la présence du fameux manoir de « Skyfall », ce Bond fait preuve d’une  richesse et d’un savoir-faire de réalisation que le fan de 007 n’avait pas retrouvé depuis bien longtemps…
Depuis « Casino Royale », Daniel Craig fait entériner et accepter au fan des 007 qu’il EST James Bond ; ce « Skyfall » est le sommet de sa prestance, de son charisme et le public ne s’y est pas trompé puisque les recettes du film ont dépassé le milliard de dollars…
Immanquable et au zénith de tout ce que l’on était en droit d’attendre, « Skyfall » dépasse toutes les espérances en matière de qualité, il reste le meilleur Bond à ce jour, dans la période post années 2000…
Une bombe absolue !

Note : 10/10





mercredi 17 mai 2017

GOLDFINGER de Guy Hamilton, 1964

GOLDFINGER
de Guy Hamilton
1964
Grande Bretagne
avec Sean Conney, Gert Frobe, Honor Blackman, Shirley Eaton, Harold Sakata
Espionnage/action
Collection James Bond
110 minutes
Synopsis :
Mexique, années soixante…
James Bond fait exploser le repaire d’un baron de la drogue ; de retour à Miami, il est mandaté pour surveiller un certain Goldfinger, soupçonné de trafiquer de l’or ; il rencontre une superbe femme, Jill Masterson, dans la chambre de l’hôtel où séjourne Goldfinger, Bond est frappé à la nuque, lorsqu’il se réveille il trouve le corps de Jill morte, peinte entièrement avec de la laque dorée !
Pour percer ce mystère, Bond fait une partie de golf avec Goldfinger ; Pussy Galore, une des femmes de Goldfinger, joue un double jeu de séduction vis-à-vis de James Bond, et Goldfinger s’en rend compte ; Auric Goldfinger a un homme de main très redoutable, Oddjob, ce dernier peut tuer n’importe qui d’un lancer avec son chapeau…
Finalement, Bond est capturé par Goldfinger, qui manque de le tuer avec un rayon laser qu’il a concocté, Bond s’en sort in extremis en bluffant…
Goldfinger « convoque » tous les trafiquants des Etats-Unis pour leur expliquer ce qu’il souhaite faire, cela s’appelle l’objectif « grand chelem », une attaque sur la base militaire de Fort Knox…
Par le biais d’un gaz qui neutraliserait les soldats et la population, Goldfinger déroberait des dizaines de tonnes d’or !
Bond, parvenu à s’échapper, se cache sous le sol du repaire de Goldfinger et a tout entendu !
Il reste quelques heures à 007 pour empêcher ce vol, qui risquerait de déclencher des dommages irréversibles !
Goldfinger a sous ses ordres une dizaine de femmes aviatrices ; il leur ordonne de survoler Fort Knox et de lâcher le gaz !
Mon avis :
Troisième opus des James Bond, initiés deux ans auparavant avec « James Bond contre Dr. No » et « Bons baisers de Russie », les producteurs ont alors compris que le filon des aventures de 007 serait un succès à chaque fois ; ils mettent donc les bouchées doubles et le résultat avec ce « Goldfinger » s’avère plaisant et la prestance avec laquelle Sean Connery tient la barre du célèbre agent secret devient universelle et toujours aussi efficace…
L’érotisation des deux James Bond girls (Pussy Galore et Jill Masterson) est fabuleuse et leur physique sexué à l’extrême donne un touche bienvenue, les deux femmes illuminent l’écran et ce, dès le début, avec le bikini de Jill sur le balcon de l’hôtel…
Le personnage de Goldfinger incarné par l’allemand Gert Frobe, aurait dû être au départ joué par Orson Welles mais le cachet qu’il demandait était trop important ; dans ce rôle du « méchant », Frobe apporte charisme et son physique colossal renforce la crédibilité sur le fait qu’il soit puissant, mais ce n’est pas cela qui arrêtera notre James Bond, toujours très à l’aise et impossible à piéger…
La finalité des desseins malfaisants de Goldfinger est pour le moins très originale (voler des dizaines de tonnes d’or) et le film multiplie les scènes d’action, notamment dans une dernière demie- heure au timing particulièrement élaboré (l’attaque de Fort Knox), tout est réglé au millimètre et Guy Hamilton fait preuve d’une exemplarité dans le découpage des séquences digne des plus grandes productions d’Hollywood…
Le passage du rayon laser fait froid dans le dos et 007 a eu chaud, le film se suit avec un grand plaisir et les séquences nocturnes sont habilement réalisées, dès le début, ça va très vite avec l’explosion du repaire du trafiquant mexicain et, à noter, une vue aérienne en continue de l’hôtel et de la piscine avec un plongeon enchainé sur le plan suivant (une grande modernité technique pour un film qui date de 1964 !)…
« Goldfinger » est un des plus célèbres James Bond et s’érige en tant que classique, multidiffusé à la télévision, il attire toujours autant de spectateurs qui ne peuvent être déçus, le spectacle est d’une grande qualité et on ne peut résister au charisme de Sean Connery qui se met en exergue grâce à un scénario appliqué et déjà très moderne pour l’époque…
Le blu ray du coffret bénéficie d’une très belle qualité d’image et les une heure cinquante passent comme une lettre à la Poste, que demander de plus ?
Un régal absolu…

Note : 9/10





Le cynique, l'infâme, le violent d'Umberto Lenzi, 1977

LE CYNIQUE, L’INFAME, LE VIOLENT
d’Umberto Lenzi
1977
Italie
avec Maurizio Merli, Tomas Milian, John Saxon, Renzo Palmer, Claudio Undari, Gabriella Lepori
Polizzoteschi
100 minutes
Blu ray édité chez The Ecstasy of films
Synopsis :
Rome, Italie, milieu des années soixante-dix…
Luigi Maietto, dit le chinois, vient de s’évader, il n’a qu’une idée en tête ; tuer Leonardo Tanzi, l’ancien commissaire responsable de son arrestation, celui-ci reçoit une carte annonçant son décès ; Astalli, le commissaire actuel, lui dit de faire très attention…
Le soir même, un homme du Chinois tente de tuer Tanzi mais n’y parvient pas ; de multiples forfaits ont lieu dans la ville, cambriolages, vols à l’arrachée, tabassages de commerçants ; il semble que le Chinois ait fait alliance avec des membres éminents de la pègre locale, notamment Frank di Maggio, un très dangereux malfaiteur…
Une fille de dix- huit ans est sauvée in extremis par Tanzi, elle était destinée à un réseau de prostitution ;Capuccino, un des hommes du Chinois, rackette un antiquaire et lui vole toutes ses économies, Tanzi vient pour constater ses blessures ; c’en est trop !
Alors que Di Maggio et le Chinois se disputent sur le partage de leur butin, Tanzi jure coûte que coûte de mettre ces malfrats hors d’état de nuire ; un bain de sang est amorcé, Tanzi parvient à identifier la planque de Di Maggio et arrive sur les lieux…
Une fusillade éclate !
Mon avis :
Cador du polizzoteschi et du cinéma populaire italien en général, Umberto Lenzi a mis le paquet avec « Le cynique, l’infâme, le violent » et il passe en revue tous les codes de ce genre avec un brio dans sa réalisation et une richesse dans les rebondissements, pour faire simple : ça n’arrête pas !
Après une entame à fond les gamelles, l’action ne faiblit jamais et Maurizio Merli fait preuve d’une tonicité sidérante, le montage est serré (la scène du toit du centre commercial) et Tomas Milian a une trogne inoubliable, fumant clope sur clope, son charisme est fabuleux, c’est LUI la star du film !
John Saxon est dans une composition à contre-emploi, il incarne ici un salopard de la pire espèce, qui n’hésite pas à torturer ses prisonniers à coups de balle de golf ou même de les faire dévorer par ses deux dalmatiens !
L’ensemble est particulièrement violent et les répliques sexistes, mais ça fait partie du deal pour un « polizzoteschi » donc il ne faudra pas s’attendre à la moindre concession, Lenzi applique son style et c’est ce que le spectateur attend de lui, il en a pour son argent…
« Le cynique, l’infâme, le violent » se positionne au-dessus de la mêlée niveau polar italien et toute l’équipe s’est appliquée pour que le film remplisse son contrat, ce qui est atteint haut la main ; doté d’action pure, de plans rapides et d’une ambiance très années soixante-dix, « Le cynique, l’infâme, le violent » est un pur plaisir à visionner et mettra en transe les cinéphiles friands de polars putassiers et même les néophytes qui ne connaissent pas bien ce genre…
Le travail effectué par « The Ecstasy of films » est impressionnant, l’édition est bourrée de bonus et le transfert du blu ray avec la piste française est impeccable…
Saluons une nouvelle fois le sérieux de Christophe Cosyns qui s’est impliqué pour offrir ce film aux fanatiques de polizzoteschi, il comble les attentes de ces derniers et donne le meilleur support possible pour découvrir ce film, véritable joyau qui bénéficie des meilleures conditions possibles pour être visionné, grâce au boulot de Christophe et de « The Ecstasy of films »…
Inutile de dire que « Le cynique, l’infâme, le violent » est un film immanquable, vrai témoignage d’un genre éteint de nos jours et le fait de le revoir apporte une bouffée d’oxygène pour tous les cinéphiles qui en ont marre de voir toujours les blockbusters actuels, ici c’est un AUTRE cinéma, empli de saveur et d’énergie et qui transmet instantanément un bonheur palpable, bref un MUST HAVE absolu qu’il est impératif de posséder et il est indispensable de rendre honneur à cette édition de « The Ecstasy of films » en commandant le blu ray…
Complètement recommandable !

Note : 9/10





dimanche 14 mai 2017

ZEDER de Pupi Avati, 1983

ZEDER
de Pupi Avati
1983
Italie
avec Gabriele Lavia, Anne Canovas, Cesare Barbetti, Bob Tonelli, Paola Tanziani, Veronica Moriconi
Fantastique
98 minutes
Blu ray sorti chez The Ecstasy of films
Musique de Riz Ortolani
aka Revenge of the dead
Synopsis :
France, ville de Chartres en 1956…
Gabriella Goodman, une fillette qui est médium, entend des voix venues de l’au-délà…
La police découvre dans le sous-sol de la maison où elle vit un corps d’un mort, en grattant le sol ; la fillette a été attaquée auparavant et mutilée à la jambe, mais personne n’arrive à trouver d’explication logique à tous ces événements…
Italie, Bologne, en 1983…
Stefano est un étudiant mais aussi un écrivain ; pour son anniversaire, sa femme, Alessandra, une superbe brune, lui offre une machine à écrire ; lorsque le ruban de la machine à écrire se casse, Stefano le retire totalement et découvre des caractères qui ont été saisis auparavant ; il est fasciné par ce texte qui parle des terrains « K » et de correspondance avec les « voix de l’au-delà »…
Stefano rencontre le docteur Meyer et lui fait part de sa découverte ; Gabriella Goodman, la fillette du début du film, est devenue une femme d’une vingtaine d’années, elle aguiche Stefano, qui refuse ses avances…
De fil en aiguille, Stefano entraine Alessandra à Rimini, puis fait des découvertes colossales pour son enquête, notamment un cimetière et un caveau, puis un terrain en construction d’un complexe hôtelier qui sera abandonné…
Alessandra rentre, dans un premier temps, à Bologne et laisse Stefano se débrouiller seul ; par un accès souterrain, Stefano se rend dans l’hôtel en construction, il s’agit bel et bien de l’un des terrains « K » expliqués par Paolo Zeder, l’homme qui a mis au grand jour toute cette légende ; Stefano va découvrir quelque chose d’incroyable et sa vie se trouve menacée !
Mon avis :
Dès le début du film, on comprend qu’on a affaire à du très lourd, c’est une déclinaison très bavaienne du film de demeures qui est quasiment un copier/coller de séquences de « Opération peur », puis « Zeder » bifurque avec une finesse hors du commun sur le thème des morts revenant à la vie, mais d’une façon si atypique, si novatrice qu’Avati s’est démarqué en permanence dans sa mise en scène de ses prédécesseurs ayant abordé cette thématique…
« Zeder » est prodigieux à tous les niveaux, simple et alambiqué en même temps, il donne un visage inexploré au cinéma fantastique italien et concasse tous les codes de celui-ci (une grande pudeur sur les effets gore, un horrifique suggéré, des personnages multiples qui compliquent et perturbent le spectateur) et le mystère plane entièrement sur l’histoire, exemplaire, et ponctuée de fulgurances graphiques (un peu comme dans « Carnival of souls »)…
Très peu de metteurs en scène peuvent se permettre une telle liberté de ton sans se casser la gueule et dans l’ensemble, il est incontestable qu’Avati a remporté son pari haut la main, son talent et la force de sa réalisation fascinent autant qu’ils bluffent, « Zeder » est un chef d’œuvre de cinéma insolite et donne une saveur immense au genre, par le biais de séquences courtes, habiles et allant à l’essentiel…
Le spectateur est, dès lors, immergé dans une aventure cinématographique folle mais où tout est maitrisé, Avati nous invite à un voyage onirique et baroque avec un Gabriele Lavia qui semble embarqué sur un point de non-retour, mais dont la pugnacité à découvrir le pourquoi du comment fait un effet boule de neige, tout comme lui, le spectateur veut aussi savoir l’origine de tout cela…
La musique de l’immense Riz Ortolani apporte une dimension singulière au film, elle porte l’histoire et les séquences, suscitant la peur ou l’interrogation, elle contribue également à la réussite de l’œuvre…
« The Ecstasy of films » en sortant « Zeder » sur un format blu ray dans un superbe packaging a réussi un tour de force, que dis-je, un MIRACLE car le film était épuisé en DVD aux Etats-Unis et le travail gigantesque de Christophe Cosyns, toujours plus impliqué pour satisfaire les cinéphiles, est une nouvelle fois prodigieux !
Si nous n’avions pas cette passion commune, « Zeder » ne serait pas disponible, aujourd’hui en 2017, sa rareté et son atypisme donnent encore plus de respect à « The Ecstasy of films » de l’avoir édité et mis à disposition, bravo à cette maison d’éditions pour son application, son implication et son travail de fourmi !
« Zeder » est un pur bijou à visionner impérativement, il figure tout en haut d’un pan du cinéma fantastique transalpin et l’occasion que nous donne « The Ecstasy of films » de découvrir ou redécouvrir ce film, c’est du pain béni !
Un must have absolu !

Note : 9.5/10






lundi 8 mai 2017

SPECTRE de Sam Mendes, 2015

SPECTRE
de Sam Mendes
2015
Etats-Unis/Grande Bretagne
avec Daniel Craig, Léa Seydoux, Christoph Waltz, Ralph Fiennes, Monica Bellucci, David Bautista
Action/Espionnage
148 minutes
Collection James Bond
Recettes au box-office mondiales : 880 000 000 dollars
Synopsis :
Lors d’un gigantesque carnaval à Mexico, James Bond tue les hommes qui avaient éliminé M lors du précédent épisode « Skyfall » ; Sciarra, un de ses ennemis parvient à s’échapper lors de la fusillade, s’ensuit une bagarre dans un hélicoptère où finalement Bond l’éjecte de l’engin…
De retour à son quartier général, Bond se fait remonter les bretelles suite aux dégâts qu’il a causés, il est mis à pied ; il se rend à Rome voir Lucia, la veuve de Sciarra, cette dernière lui apprend que son défunt époux faisait partie d’une organisation secrète que Bond soupçonne être le SPECTRE ; l’organisation est dirigée par un certain Franz Oberhauser et son homme de main le plus fidèle s’appelle Hinx, c’est un homme d’une grande brutalité ; Bond s’introduit dans une de leurs réunions, incognito, hélas il est démasqué et s’enfuit in extremis…
Bond part en Autriche pour questionner Monsieur White, un des derniers hommes qui a encore des informations sur le SPECTRE ;  après lui avoir communiqué des éléments cruciaux, celui-ci se suicide…
Bond se rend dans un institut de médecine et fait la connaissance de Madeleine Swann, qui n’est autre que la fille de Monsieur White, elle est enlevée par Hinx…
Après un séjour en train près de Tanger, Bond et Madeleine Swann sont enlevés par Franz Oberhauser, qui se fait désormais appeler Ernst Stavro Blofeld, Bond n’a plus aucun doute sur le fait qu’il s’agisse bien de l’organisation du SPECTRE, qui projette des attentats terroristes aux quatre coins du globe…
Le repaire d’Oberhauser/Blofeld se trouve en plein milieu du Sahara, sur un cratère causé par la chute d’une météorite ; Bond y est torturé sous les yeux de Madeleine !
Parviendra t-il à s’enfuir ?
Mon avis :
Tourné en sept mois, « SPECTRE » est le dernier opus en date de la longue série des James Bond et autant le dire tout de suite, ce segment est particulièrement réussi, il apporte définitivement et entérine la modernité absolue du personnage, endossé par un Daniel Craig très sûr de lui et crédible dans le rôle de 007…
Le long plan séquence d’une dizaine de minutes que l’on voit au tout début est prodigieux et les moyens techniques employés pour le mettre en scène s’avèrent tout bonnement colossaux !
L’histoire de « SPECTRE » reprend tous les ingrédients explorés précédemment et forme un mix de tout ce qu’on connaissait (l’organisation terroriste, les tueurs terrifiants, les grands espaces et l’exotisme varié des pays visités et bien sûr les James Bond girls –ici, on est comblés avec Léa Seydoux et Monica Bellucci-)…
Toujours autant spectaculaire et bénéficiant d’effets numériques non grossiers (à contrario de ceux des films avec Pierce Brosnan où le numérique débutait), « SPECTRE » apporte même un aspect mystique qui s’appuie tout le long pour renforcer le côté torturé de Bond, doutant même sur son enfance (il connut Oberhauser, son ennemi, étant plus jeune), de ce fait l’ambigüité du film apporte une plus-value au scénario, déjà hautement travaillé au départ…
Sans le moindre temps mort, « SPECTRE » est moins axé sur l’humour que sur le spectaculaire, Bond a délaissé les vannes qui furent légion dans les films avec Roger Moore, mais cela ne nous manque pas trop, cette absence est compensée par un rythme effréné et des plans très esthétiques (le miroir reflétant Craig et Bellucci, les décors de la base de Blofeld à Tanger, la foule lors du carnaval –plusieurs milliers de figurants !-)…
L’ensemble est convaincant et le dépaysement total, « SPECTRE » invite le spectateur à un « voyage » et à une sortie du quotidien comme seuls les James Bond savent le faire, on a la même sensation de rêve que pour les meilleurs actioners d’entertainment que l‘on connaît, la prestance de Daniel Craig en plus…
Le personnage de Hinx, véritable montagne humaine, n’est pas sans rappeler  celui de Requin et une scène est quasiment un copier/coller de la bagarre dans le train que l’on a eu l’occasion de voir dans « L’espion qui m’aimait », avec le même final, l’éjection de l’assaillant hors du train par un Bond qui a eu maille à partir avec ce colosse !
Une nouvelle fois, les scénaristes se sont surpassés et la saga n’est pas prête de s’arrêter puisque Craig aurait signé pour enquiller un cinquième film, si l’on en croit les sources vues sur le net…
Bref, il ne faut pas se priver de son plaisir, « SPECTRE » est excellent dans sa globalité et le soin absolu pour sa réalisation ne peut que convaincre et contenter tous les fans (même puristes) de la saga des James Bond, encore une fois, l’image du blu ray est impeccable et l’on savoure avec un bonheur absolu ces deux heures et demie de plaisir total !
Toujours aussi impressionnant, toujours autant bluffant, 007 tient ses promesses à chaque fois…

Note : 9/10






dimanche 7 mai 2017

Brigade des moeurs de Max Pécas, 1984

BRIGADE DES MŒURS
De Max Pécas
1984
France
Avec Thierry de Carbonnières, Christian Barbier, Pascale Roberts, Muriel Montossey, Brigitte Simonin aka Brigitte Lahaie, Ticky Holgado, Gabrielle Forest, Jean-Marc Maurel, Olivia Dutron
Polar extrême
96 minutes
Distribué en salles chez Les films du Griffon et les films Jacques Leitienne
Distribué en DVD chez Gaumont
Synopsis :
Paris et sa banlieue, milieu des années quatre-vingts…
Des prostituées travesties sont exécutées par un mystérieux gang de motards qui leur tirent dessus au fusil à pompe ; Gérard Lattuada, un flic casse-cou aux méthodes expéditives et son responsable, le commissaire Robert Capes, qui a perdu son fils il y a une dizaine d’années dans une fusillade, sont chargés de l’enquête, car Dolores, une des prostituées, était leur indicateur…
Le réseau mafieux est en fait dirigé par celui que l’on appelle « le grec » mais au sein de cette pègre, le grec est trahi et pris de cours par deux trafiquants très méchants et sadiques : Costa et Gros Louis ; Costa est un homosexuel qui fréquente des clubs gays cuir, quant à Gros Louis, officiellement, il tient un bar rue Saint Denis, mais n’hésite pas à violenter des prostituées, qu’il a pour habitude de fréquenter…
Le beau-frère  de Lattuada est un juge, c’est alors que Véronica, sa femme, est tuée dans un parking souterrain !
Lorsque Sylvie, la femme de Lattuada, est kidnappée par Costa, c’en est trop !
Gérard, fou de rage, enfourche sa moto et part régler son compte à Costa, dans une usine désaffectée ; le grec et deux de ses hommes sont également sur les lieux…
C’est très vite l’hécatombe !
Lattuada sauvera t-il son épouse ?
Costa sera-t-il châtié après tous ses délits ?
Mon avis :
Fer de lance et spécialiste des comédies touche pipi, Max Pécas délaisse ce genre qui fit sa gloire (tout est relatif) pour nous sortir un polar proche de ceux d’exploitation qui florissaient en Italie dans les années soixante-dix (on pense à « Big racket » ou au « Smuggler » de Fulci) mais ici à la sauce cassoulet avec le folklore de la pègre parisienne des années quatre-vingts, et ça barde !
Version musclée et graveleuse du « Marginal » avec Bébél, « Brigade des mœurs » y met les coudées franches avec une entrée ultraviolente et des séquences de salle d’autopsie gerbantes et sans compromis (on se croirait presque dans « Zombie Holocaust » de Girolami !)…
Les « méchants » du film sont les pires ordures et les dialogues sexistes sont légion, Pécas passe en revue de façon décomplexée les lieux de la nuit parisienne et n’épargne rien au spectateur (clubs échangistes, bars gay « cuir », hôtels de passes, ruelles mal fréquentées avec tabassages de prostituées) le réalisme employé par Pécas est tout à son honneur mais pourra décontenancer les âmes sensibles (« Brigade des mœurs » est à déconseiller au public féminin)…
Le personnage de Costa en malfrat sadique et complètement fêlé fait passer le Christini de « Dobermann » pour un enfant de chœur et le bougre déploie une surviolence rarement atteinte pour un polar hexagonal !
Thierry de Carbonnières tient une composition honnête et Christian Barbier fait figure de patriarche, lui qui a perdu son fils, et qui doit faire un transfert inconscient sur son « poulain » Gérard, l’aidant et lui indiquant des « pistes » avec une façon directe et bourrue en même temps (il est à quelques jours de prendre sa retraite)…
Pécas n’hésite pas à nous gratifier de quelques séquences d’un gore craspec (avant- bras coupé à la machette, couteau planté dans l’œil, grenade balancée dans le caleçon et même un tesson de bouteille dans l’entrejambe d’une pauvre prostituée – ce qui lui valut des soucis avec la censure de l’époque !-)…
L’issue est bien sûr triomphante pour la police mais il aura fallu déployer beaucoup d’énergie et des flots de violence ; cependant, l’ensemble se suit bien et le rythme est incessant et surtout la réalisation assez soignée…
« Brigade des mœurs «  est même une tentative de grindhouse à la française et emprunte les codes du cinéma d’exploitation burné que les cinéphiles apprécient ; sa sortie récente en DVD en fait donc un support à ne pas louper car le film est plutôt rare et n’était sorti qu’en VHS…
Bref, si vous aimez la violence, le sexe, l’aspect pittoresque du Paris des années quatre-vingts et les flics qui en ont dans le pantalon, foncez ! « Brigade des mœurs » est exactement le film que vous devez impérativement visionner !

Note : 8/10