Open Watching

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lundi 21 mai 2018

Emanuelle in America de Joe d'Amato, 1976


EMANUELLE IN AMERICA
de Joe d’Amato
1976
Italie
avec Laura Gemser, Paola Senatore, Gabriele Tinti, Roger Browne, Riccardo Salvino, Lorraine de Selle
Grindhouse érotique
DVD sorti chez Blue underground
100 minutes
Effets spéciaux de Gianetto de Rossi et Maurizio Trani
Synopsis :
New York, milieu des années soixante-dix…
Emanuelle, journaliste en quête du moindre scoop, prend également des clichés de mannequins au sein d’un studio ; alors qu’elle quitte l’endroit après une séance de photos, un homme introduit dans sa voiture menace de la tuer, Emanuelle s’en sortira de justesse, faisant preuve d’un culot peu commun…
Emanuelle doit faire un reportage pour compromettre un riche homme d’affaires soupçonné de proxénétisme, elle s’introduit dans la villa de ce dernier, se faisant passer pour une de ses invitées…
Après avoir fouillé discrètement dans une écurie de la villa, elle découvre un stock d’armes ; l’homme sera appréhendé et Emanuelle finira par s’échapper !
Puis, à Venise, Emanuelle fait connaissance de Laura Elvize  et Alfredo, son mari ; le couple Elvize est issu d’une famille de nobles aristocrates, mais leur vie sexuelle semble morne, Emanuelle va s’employer à redonner de la vigueur à leur libido…
Enfin, Emanuelle part en Afrique du sud dans un club de rencontres pour femmes aisées, elle prend des clichés secrètement afin de démanteler ce réseau illégal…
Lors de ses pérégrinations, Emanuelle découvre une vidéo super 8 atroce où des femmes sont torturées puis tuées par des militaires…
De retour à New York, Emanuelle se fait alpaguer par Bill, un diplomate, qui l’emmène chez lui ; Emanuelle constate avec effroi que Bill est en possession de la fameuse vidéo super 8 ; de plus ce dernier drogue Emanuelle en lui mettant du LSD dans son verre de whisky…
Emanuelle s’en sort une nouvelle fois in extremis et rapporte toutes les preuves et clichés au directeur du journal qui l’emploie, ce scoop risque de faire un effet boule de neige mondial…
Alors qu’elle se trouve dans la salle des machines du journal, son chef lui annonce qu’il ne peut publier ses articles, mais qu’il les conserve précieusement pour une prochaine fois…
Emanuelle est furieuse !
Mon avis :
Film de la saga hyper fournie des « Nera Emanuelle », ce « Emanuelle in America » est considéré par les spécialistes comme le meilleur et c’est vrai, il faut bien reconnaître que Joe d’Amato a littéralement sublimé son égérie Laura Gemser dans un rôle vrombissant avec énormément de rebondissements et une intrigue qui tient la route…
On a tous les éléments du grindhouse mais avec en plus –value une qualité certaine et un « non-bâclage » de la part de d’Amato qui s’est appliqué comme un dingue, d’abord sur la photographie (le Maestro est avant tout directeur de la photo donc il maitrise grave son travail), le scénario est inventif, les décors (réels) sont superbes (tout comme les intérieurs, ah ce Venise !), ce qui nous vaut des passages érotiques réellement hyper excitants !
D’amato pimente son film avec le coup de la vidéo en super 8 du « snuff movie » (bien sûr tout est faux et le boulot du tandem Gianetto de Rossi/Maurizio Trani aux effets spéciaux est vraiment terrible, les deux bougres ont mis le paquet dans le gore cradingue !attention aux yeux, moi-même j’ai tourné la tête !)…
Des fois on ne sait pas ce qui lui prend au père d’Amato (la scène avec le cheval !), des fois ça part en live complètement (le gâteau qui s’ouvre avec la fille, puis l’orgie –on se croirait dans « Salo » de Pasolini !-), mais l’interprétation (Laura Gemser en tête) est convaincante et il y a une réelle direction d’acteurs !
Gabriele Tinti, vieux briscard du cinéma bis transalpin, est parfait dans son rôle de dandy vénitien, et on aperçoit la fabuleuse Lorraine de Selle (« Wild beasts », « La maison du fond du parc ») dans un rôle hyper chaud  avec Emanuelle où elles se livrent à un jeu saphique dans un sauna (pourquoi De Selle n’est créditée nulle part au générique ?)…
De pérégrinations en aventures, Emanuelle risquera sa vie pour obtenir le scoop du siècle, Joe d’Amato nous propose de la suivre dans ses tribulations et l’ensemble est vraiment intéressant, ponctué de moult séquences de sexe mais il y a tout de même un réel suspense !
Vraie carte postale à la sauce bis, « Emanuelle in America » est un honnête divertissement, bien servi par la belle Laura Gemser et bien mis en scène par un D’Amato sûr de lui et appliqué…
Tout cinéphile qui s’intéresse au cinéma dit « grindhouse » se devra de visionner « Emanuelle in America », le public lambda passera son chemin à cause des nombreuses scènes extrêmes (surtout le snuff, carrément insoutenable !) mais on ne peut nier le talent qu’avait d’Amato pour réaliser ses films, un parcours unique comparé à ses compatriotes comme Fulci ou Argento, il tournait à vitesse grand V et à fond les gamelles, son cinéma est à réhabiliter !
Il existe une édition blu ray et DVD chez l’éditeur Blue underground avec la version française !
Foncez !
Note : 8/10












La clinique sanglante de Fernando di Leo, 1971


LA CLINIQUE SANGLANTE
de Fernando di Leo
1971
Italie
avec Klaus Kinski, Margaret Lee, Rosalba Neri, Jane Garret, John Karlsen, Monica Strebel
Giallo érotique
97 minutes
aka La bestia uccide a sangue freddo
aka Cold blooded beast
aka Slaughter hotel
aka Les insatisfaites poupées érotiques du docteur Hichcock
Musique de Silvano Spadaccino
Synopsis :
Une ville d’Italie, au début des années soixante-dix…
Cheryl Hume, une superbe brune qui souffre de dépression, est emmené par son époux dans une clinique psychiatrique pour se soigner et où elle devra se reposer…
La clinique est dirigée par le professeur Osterman et le docteur Francis Clay, un éminent psychiatre qui donne un soin tout particulier aux patientes, en jouant aux échecs avec elles, par exemple ; une des malades hospitalisées est Anna Palmieri, une brune nymphomane ; Cheryl Hume semble mal à l’aise et a bien du mal à s’acclimater à la clinique…
Un soir, Anna se sauve de la clinique et se retrouve dans une serre, elle se dénude totalement et force un employé à lui faire l’amour…
Un mystérieux homme masqué et vêtu d’une cape se balade dans les couloirs de la clinique, bientôt des meurtres sanglants vont avoir lieu…
Le tueur se sert d’armes accrochées aux murs de la clinique, des haches, des hallebardes, des lances, des couteaux et même une arbalète !
Mara, une patiente noire, se livre à un jeu saphique avec une des infirmières, venue d’abord pour lui faire un massage : elles sont tuées sauvagement toutes les deux !
Le professeur Osterman et Francis, le psychiatre, finissent par alerter la police !
Lorsque le commissaire arrive, il s’étonne de ne pas avoir été prévenu plus tôt ; le tueur se trouvant dans un étage de la clinique, les policiers le prennent en chasse…
Avant d’être appréhendé, le serial killer a le temps de tuer une dizaine de patientes avant d’être abattu !
Mon avis :
Tourné en douze jours, « La clinique sanglante » est un excellent thriller giallo hyper chargé en érotisme avec des plans séquences pour lesquels Fernando di Leo n’a pas eu froid aux yeux et pas eu peur de la censure (miraculeusement la film est sorti en France dans sa version totally uncut), ce qui permet de savourer la plastique des actrices, toutes superbes…
Il y a un côté cinquante/cinquante : beaucoup de violence et beaucoup de sexe, mais à doses égales, ce qui ravira le cinéphile fan des fumettis italiens ou des films déviants d’Italie sortis au début des années soixante-dix…
On est en plein dans la liberté sexuelle du flower power et di Leo se sert de cet élément pour bombarder son œuvre de scènes de nudité, qui pimentent ainsi l’aspect pervers des motivations du tueur/voyeur ; malgré quelques bémols dans la crédibilité du film (pourquoi donc les armes et couteaux sont-ils accrochés aux murs de la clinique ?), « La clinique sanglante » est une bonne série B, prémices du genre Grindhouse, avec une distribution de premier choix, Klaus Kinski est à son apogée (un an avant de tourner « Aguirre ») et les magnifiques Margaret Lee et Rosalba Neri sont sublimées par la caméra de Fernando di Leo, qui signe ici, un de ses films les plus efficaces…
Les scènes nombreuses d’onanisme féminin ou de saphisme sont osées pour l’époque mais le film évite le classement X grâce à une histoire avant tout axée sur le côté policier et lorsque l’on nous dévoile l’identité du tueur, on va de surprises en surprises, mais di Leo n’oublie pas de nous gratifier d’un massacre final (un « final slaughter ») que les policiers auraient largement pu éviter s’ils s’étaient pointés plus tôt (ça barde sévèrement avec des coups de haches assénés comme un sauvage par le tueur en série !)…
Il va de soi que « La clinique sanglante » est à réserver à un public adulte et averti, aguerri aux scènes de sexe et de violence, les autres passeront leur chemin et cette fois ci on ne peut pas taxer le film de « sexiste », les filles se procurent du plaisir mais cela n’a aucune connotation anti-féministe, cela sert à faire dévier l’intrigue et à justifier la folie du tueur refoulé, rien de plus…
Dans l’ensemble, « La clinique sanglante » est donc une réussite, qui prend en haleine du début à la fin et à l’interprétation convaincante ; di Leo s’est bien lâché et il a eu raison, son film fera date dans l’histoire du thriller giallo des seventies !
Un vrai régal !
Note : 8/10












La fureur de vivre de Nicholas Ray, 1955


LA FUREUR DE VIVRE
de Nicholas Ray
1955
Etats-Unis
avec James Dean, Natalie Wood, Sal Mineo, Dennis Hopper, Corey Allen
Drame/Etudes de mœurs
aka Rebel without a cause
111 minutes
Budget : 1 500 000 dollars
Recettes au box-office : 6 000 000 dollars
Synopsis :
Etats-Unis, milieu des années cinquante…
Jim Stark, un jeune homme de dix- sept ans, est récupéré par ses parents au commissariat de police local alors qu’il était fortement alcoolisé, il semble désabusé et désoeuvré ; ses parents viennent de déménager dans la banlieue de Los Angeles et sa nouvelle vie ne semble pas lui convenir, il a très peu d’amis et a bien du mal à s’intégrer…
Arrive le jour de la rentrée universitaire et Jim intègre la Dawson High school, très vite il se fait remarquer auprès d’autres jeunes, le plus souvent des loubards ; Jim remarque Judy, une très belle jeune fille, qui sort avec le chef de la bande de blousons noirs…
Une bagarre au couteau éclate entre Jim et Goon, blessé mais vivant, Jim parvient à se faire accepter comme en faisant un « test » par la bande…
Goon et Buzz Gunderson, les leaders des voyous, proposent à Jim une course en voiture avec un arrêt avant la falaise, Jim accepte…
Hélas, le concurrent de Jim se tue, n’arrivant pas à se dégager de sa voiture à temps !
John Crawford dit Platon, un adolescent plus jeune d’une quinzaine d’années, se fait molester par des loubards de la bande de Goon ; il avait tissé des liens d’amitiés avec Jim lors de son interpellation au commissariat, Jim le défend…
Finalement, Jim, Judy et John se retrouvent dans un manoir désaffecté, y trouvant refuge pour échapper à Buzz Gunderson…
Les voyous finissent par les retrouver !
John, armé, tire sur l’un d’eux puis s’enfuit…
Se retrouvant dans l’observatoire de la Dawson High School, Jim et Judy veulent raisonner John, c’est alors que des voitures de police arrivent !
Mon avis :
Décédé à 24 ans, James Dean devint un mythe avec ce film, qui sort après sa disparition, il ne s’agit pas d’un simple « teen movie » mais d’une œuvre immense et très intelligente qui traite du malaise de la jeunesse américaine des années cinquante, avec la perte totale des repères parentaux et sociétaux et un sentiment d’abandon qui perturbe l’éducation de cette fange de lycéens désoeuvrés…
Nicholas Ray parvient à faire éclater ce malaise au spectateur et James Dean y tient son rôle le plus emblématique, il détient une alchimie qui fait que l’empathie pour son personnage est immédiate et bouleversante, peu d’acteurs ont eu cette grâce dans le mouvement, on pense à Marlon Brando (qui devait interpréter le rôle au départ) ou à d’illustres autres comédiens mais James Dean s’empare du personnage de Jim Stark comme aucun autre acteur n’aurait pu le faire, sa composition se savoure et son jeu est extrêmement réaliste et ajusté de façon impeccable…
Nicholas Ray décline des thèmes comme l’émasculation du père, les repères parentaux volant en éclats et le chamboulement dû à l’alcool ; l’histoire d’amour entre James Dean et Natalie Wood est atypique dans le panorama du cinéma américain d’alors, les codes scénaristiques sont rebalayés pour donner un rendu unique, inoubliable pour tout cinéphile…
Paradoxalement, James Dean dégage une force immense en n’en faisant jamais trop, c’est son CHARISME unique qui fait toute la part de fascination dans « La fureur de vivre », chef d’œuvre absolu du cinéma américain qui hisse le pamphlet sociétal à des sommets ; une histoire simple et réellement touchante, auquel il ne faut pas occulter le « message » sur la jeunesse et la délinquance, embourbées dans l’alcool et la violence, face à des éléments adultes qui semblent démunis et n’arrivent plus à contrôler la folie de la jeunesse…
Le côté oedipien est flagrant dans « La fureur de vivre », le personnage de Jim Stark se révolte contre la société mais aussi contre l’impuissance du père et de la mère à affirmer leur autorité, Stark se voit donc perdu, gravitant entre désinvolture et désespérance, il ne contrôle plus sa vie et cherche à s’affirmer face à des loubards dont le seul code est la violence…
Le personnage du jeune John surnommé Platon semble être à caractère rédempteur pour Jim qui fait tout pour le tirer de là et le sauver, dans un final nocturne apocalyptique quasiment nihiliste…
Œuvre bouleversante et incontournable, « La fureur de vivre » est un film monumental qui grava d’une pierre blanche le cinéma américain des années cinquante ; il n’a pas vieilli et on imagine la carrière que James Dean aurait pu entamer s’il n’était pas décédé si jeune…
Personnage iconique et inoubliable, Jim Stark entre dans la légende avec la scène culte de la poursuite en voitures et du combat au couteau ; Nicholas Ray a témoigné d’un sens de la technique cinématographique comme peu d’autres réalisateurs et a su tirer parti du talent de James Dean en y insufflant une aura implacable…
Il est impératif pour tout cinéphile d’avoir visionné « La fureur de vivre », pièce maitresse dans la courte carrière de James Dean et témoignage fascinant et intemporel sur la difficulté de l’adolescence, du passage à l’âge adulte, très peu d’autres métrages ont su et pu rendre cette thématique de manière aussi intelligente…
Bouleversant et indélébile, « La fureur de vivre » est immense et l’occasion de voir James Dean dans son meilleur rôle !
Note : 10/10













dimanche 13 mai 2018

Insidious de James Wan, 2011


INSIDIOUS
de James Wan
2011
Etats-Unis
avec Barbara Hershey, Leigh Wannell, Lin Shaye, Patrick Wilson, Rose Byrne, Angus Sampson, Andrew Astor
Fantastique
102 minutes
Budget : 1 500 000 dollars
Recettes au box-office : 97 000 000 dollars
Synopsis :
Une ville de Californie, au début des années deux mille dix…
Josh Lambert, Renai, sa femme et leurs trois enfants emménagent dans une luxueuse maison située dans la zone pavillonnaire d’une bourgade, à priori sans histoires…
Renai est stressée par ce nouveau mode de vie et cela lui arrive de s’angoisser, Josh a un travail d’instituteur et parfois il lui arrive de rentrer tard le soir, ce qui stresse encore plus Renai…
Des événements bizarres et surnaturels se produisent dans la maison, Dalton, le fils cadet fait une chute d’une échelle alors qu’il était dans le grenier, il dit avoir vu quelque chose dans l’obscurité…
Dalton et sa mère font des terreurs nocturnes ; un matin, Josh ne parvient pas à réveiller Dalton, qui semble être moribond ! Emmené en urgence à l’hôpital, Dalton est inerte, les médecins, ne pouvant établir de diagnostic formel et précis, concluent à un coma !
Josh et Renai quittent la maison et emménagent dans un autre pavillon, mais les phénomènes antérieurs  se reproduisent ; Dalton est alité et sorti de l’hôpital, Josh et Renai s’occupent de lui à domicile, mais son état n’évolue guère !
Renai voit des spectres dans la maison ! Elle décide de faire appel à Tucker et Specs, deux parapsychologues qui étudient les phénomènes paranormaux et à la médium Elise Rainier…
Elise leur annonce que Dalton est entrée dans une sphère entre la vie et la mort, qu’elle appelle « le lointain », et que la seule façon de le sauver et de le tirer d’affaire est de s’introduire aussi dans cette sphère afin de l’en extirper…
Josh propose d’être hypnotisé avec un métronome et de partir retrouver son fils afin de le « sortir » de ce monde parallèle !
Mon avis :
« Insidious » est incontestablement une très grande réussite, son scénario reste unique même si le film emprunte des thèmes qui s’illustraient dans « Poltergeist » ou « L’exorciste », autres standards du film de flippe, mais James Wan a bien réussi son objectif : « Insidious » est un film fantastique axé sur le paranormal qui met le trouillomètre à dix mille, avec, en plus- value une musique de dingues (rien que la musique sur le menu du blu ray et on est déjà tétanisé !)…
Les acteurs sont tous parfaits, notamment Rose Byrne (la mère) d’une justesse dans l’émotion et d’un jeu d’actrice très impliquée, ça n’a pas dû être facile pour elle mais la direction de Wan est exceptionnelle et nous fait ressentir les affres qu’elle subit, tout comme les gamins et la petite qui semblent tous très crédibles…
Avec pas grand-chose (les trois quarts du film se déroulent dans les pièces d’une grande maison), Wan insuffle un climat de terreur distillé ça et là, sans effets grandiloquents, ce qui renforce son efficacité et permet ainsi au spectateur de s’immiscer et après de plonger dans ce « monde parallèle » peuplé de spectres effrayants, gravitant dans un no man’s land carrément angoissant, on ne sait jamais à quoi s’attendre et ainsi, James Wan nous manipule et fait ce qu’il veut de nous, il a carte blanche pour nous faire peur… et ça marche !
Mais, alors que l’on penserait que le film commence à s’essouffler, Wan, malin comme tout, donne un nouvel élément scénaristique à son histoire (l’hérédité) et là ça repart au quart de tour !
Je ne vais pas tout vous dévoiler sinon ça enlèverait le plaisir, ce que je peux vous dire, c’est que « Insidious » est un modèle du film qui fout la trouille, hyper bien réalisé, très glauque et de surcroit très intelligent (le spectateur n’est jamais pris pour un imbécile, James Wan a trop de respect pour lui)…
Ça fait bien longtemps qu’au cinéma on n’avait pas atteint un tel degré de flippe que l’on aurait tort de s’en priver, donc ceux qui aiment avoir peur en regardant un film : foncez !
Les dépressifs, « Insidious » n’est pas pour vous, quant aux autres, c’est un régal !
Pour accentuer l’impact du film si on le visionne seul, il est à voir dans le noir total !
Un coup de maitre supplémentaire pour James Wan qui prouve qu’il a plus d’une corde à son arc…
Note : 9/10













La chair et le sang de Paul Verhoeven, 1985


LA CHAIR ET LE SANG
de Paul Verhoeven
1985
Etats-Unis/Espagne/Pays bas
avec Rutger Hauer, Jennifer Jason Leigh, Tom Burlinson, Susan Tyrrell, Jack Thompson
Aventures médiévales
126 minutes
Musique de Basil Poledouris
Photographie de Jan de Bont
aka Flesh + blood
Synopsis :
En l’an de grâce 1501, en Europe du nord…
Le seigneur Arnolfini mandate des mercenaires pour attaquer et piller un château-fort, il donne pour prétexte et pour motivation aux barbares qu’ils pourront garder les objets des butins et en échange ils pourront violer et détruire ce que bon leur semble !
L’assaut est féroce et des dizaines de morts jonchent le sol ; Martin le chef auto-proclamé des  guerriers combat Stephen, le fils du roi agressé, Hawkwood blesse par erreur une jeune nonne à la tête qui se met à tituber !
Finalement, Arnolfini trahit les mercenaires et refuse de leur donner l’or et les richesses après ce combat terrible et sanglant…
Céline, une des amies de Martin, perd son bébé en accouchant sauvagement, lorsque la relique du bébé est enterrée, jaillit du sol une statue : c’est saint Martin !
L’ecclésiastique y voit un « signe », désormais c’est Martin qui guidera les mercenaires et chacune de ses décisions devra être appliquée !
La princesse Agnès est la promise de Stephen, le noble fils du seigneur Arnolfini qui devait l’épouser ; elle se trouve dans un convoi pour se rendre au château ; c’est alors que les mercenaires de Martin, déguisés en moines faisant la charité, attaquent le convoi et kidnappent Agnès !
Agnès va être violée et dépucelée et, comprenant qu’elle doit rester soumise à Martin si elle veut rester en vie, se prête aux jeux des autres…
Stephen retrouve la trace de Martin ; avec l’aide de guerriers, il construit un immense cheval de Troie afin de s’introduire dans le château pour récupérer Agnès !
Le combat sera sans pitié et, de plus, un invité inopiné se joint à tout ça : la peste !
Mon avis :
Avec « La chair et le sang », Paul Verhoeven réalise là un de ses meilleurs films et l’œuvre la plus brutale qui soit pour un film médiéval d’aventures ; malgré des anachronismes (le tatouage de Martin/Rutger Hauer, les armes utilisées sont en avance de plusieurs siècles) on ne va pas chipoter, « La chair et le sang » est un régal total ! l’action ne discontinue jamais, la mise en scène est virtuose et, même si Verhoeven n’y est pas allé avec le dos de la cuillère niveau sexe et violence, les cinéphiles passeront un superbe moment de cinéma…
« La chair et le sang » c’est « Game of thrones » trente ans avant et sans les dragons !
Les scènes d’assaut sur les châteaux forts sont fabuleuses avec des dizaines d’explosions (l’artificier du film n’a pas chômé !), très orienté  sur le sexe le film n’oublie pas cependant le souffle épique avec le personnage solide de Martin (Hauer est impérial) qui combat sans relâche contre Stephen, et Agnès/Jennifer Jason Leigh est pris entre le marteau et l’enclume mais elle joue un double jeu hypocrite en fonction de qui des deux elle a en face d’elle, elle prend plaisir aux joies du sexe après avoir été déflorée et violée, le rôle était loin d’être facile pour l’actrice et elle s’en sort à merveille…
Le scénario rebondit avec l’arrivée de la peste bubonique qui met tout par terre et Verhoeven exploite cet élément de manière habile lors de séquences d’anthologie, qui créent ainsi de multiples rebondissements !
Film très tonique, « La chair et le sang », outre sa rudesse, est un peu le Peckinpah du film médiéval, un mélange entre « Le nom de la rose » et « La horde sauvage »…
Verhoeven, comme à son habitude et pour justifier sa réputation, met les coudées franches et ça barde complètement, il ne s’embarrasse pas de sentiments ou de mièvrerie dans les histoires d’amour mais y va frontalement, sans pour autant bourriner !
Verhoeven dose violence et érotisme juste comme il faut et son propos premier avec « La chair et le sang » reste l’aventure épique, le pari est amplement réussi, son film est extraordinaire !
A voir et à revoir, « La chair et le sang » est et reste un film d’aventures essentiel du milieu des années quatre-vingts !  
Note : 10/10












vendredi 11 mai 2018

E.T. de Steven Spielberg, 1982


E.T.
de Steven Spielberg
1982
Etats-Unis
avec Dee Wallace, Peter Coyote, Henry Thomas, Drew Barrymore, Robert Mac Naughton
115 minutes
Fantastique
Musique de John Williams
Budget : 10 500 000 dollars
Recettes mondiales au box-office : 792 910 554 dollars
Synopsis :
Etats-Unis, banlieue de Los Angeles, au début des années quatre-vingts…
Dans une forêt, en pleine nuit, un vaisseau spatial se pose parmi les arbres, des extra-terrestres en sortent pour prélever des échantillons botaniques, l’un d’eux s’éloigne du vaisseau ; des hommes avec des lampes torches, dont l’un d’eux a un porte-clefs, se rendent sur les lieux, le vaisseau spatial est obligé de s’envoler plus vite que prévu, l’un des extra-terrestres n’a pas pu le regagner et se retrouve seul, paniqué…
Eliott, sa sœur Gertie et leur frère Michael sont chez eux avec Mary, la mère ; lorsqu’Eliott sort pour récupérer une pizza qu’on lui livrait, il découvre une présence inhabituelle dans la serre, à côté ; il s’agit du fameux extra-terrestre qui s’est retrouvé là, de fil en aiguille…
Eliott retrouve les friandises qu’il avait semées et cela attire l’extra-terrestre jusqu’à chez lui…
Sans que sa mère le sache, Eliott cache E.T. (c’est comme cela qu’il a appelé l’extra-terrestre) dans un placard de sa chambre…
Puis Gertie et Michael découvrent E.T., d’abord apeurés, puis voyant qu’il est inoffensif…
E.T. bricole un appareil transmetteur d’ondes pour communiquer avec les autres extra-terrestres dans le vaisseau, il veut rentrer chez lui (« E.T. téléphone maison »)…
Le jour d’Halloween, Eliott, Gertie et Michael couvrent E.T. d’un drap et l’emmène, vers la forêt pour qu’il puisse entrer en contact avec les autres extra-terrestres…
Avant qu’ils ne partent, des hommes en tenue de cosmonaute dont Keys, le scientifique au porte- clefs, rentrent dans la maison d’Eliott, ils veulent neutraliser l’extra-terrestre !
Semblant être décédé, E.T. finit par revivre !
Une course contre la montre est engagée entre Eliott et les autorités qui le pourchassent ; parviendra t-il à ramener E.T. sur le lieu où le vaisseau spatial viendra le rechercher ?
Mon avis :
« E.T. » est un film immense, un conte pour tous les publics, petits et grands et une nouvelle fois une leçon de cinéma signée Spielberg, ce metteur en scène est un pur génie, à chacun de ses films il parvient à nous raconter des belles histoires, sans violence, sans voyeurisme mais il tape dans le mille dans notre cœur à chaque fois !
« E.T. » c’est simple, un extra-terrestre qui arrive sur la Terre, accueilli par un petit garçon et sa famille et qui va tout faire pour le ramener sur son vaisseau spatial, après avoir pris d’affection ce gentil extra-terrestre et réussit à communiquer ; Spielberg a parfaitement réussi à capter l’empathie du petit garçon vis-à-vis d’E.T., aucune mièvrerie aucun pathos mais une histoire belle et simple, Spielberg sait doser le côté émotif de son film et n’en fait jamais trop, il insuffle une dimension humaniste et de tolérance vis-à-vis de l’autre, de l’accueil de personnes différentes avec une humanité et un sens de la tolérance inouïs…
La direction d’acteurs est impeccable, rien ne part en live, rien n’est surdosé, et les mômes jouent juste, ils sont cadrés par un Spielberg au firmament de sa carrière et de son talent, aucune faute de goût n’est à déplorer dans « E.T. », je ne vois pas ce que l’on pourrait trouver à redire, c’est une œuvre d’une perfection totale !
Le final est une apothéose en terme d’humanité et d’émotion, on pleure à chaudes larmes, le pari de Spielberg est amplement réussi, rien que de penser à cette  image magnifique de la petite Drew Barrymore embrassant « E.T. » et l’émotion nous gagne, on en pleure une nouvelle  fois, c’est beau, c’est sublime, c’est magique, ça saisit aux tripes et ça nous noue à la gorge…
Encore une fois, Spielberg nous a steackés, c’est peut- être le plus grand réalisateur de films populaires de tous les temps, on peut dire qu’il a fait un parcours sans fautes !
« E.T. » est un de ses meilleurs films, il peut être vu par tous, c’est un bonheur suprême et une leçon d’humanité, un film franc, sincère, beau, émouvant et parfaitement calibré…
Spielberg est un GENIE, à chaque nouveau film il atteint sans arrêt les sommets du cinéma, « E.T. » est immortel et n’a pas vieilli du tout, trente- six ans après il s’est même bonifié et le discours donné par Spielberg est universel et immuable…
Si on devait établir une liste des dix plus beaux films de tous les temps, « E.T. » serait dedans !
Note : 10/10
PS : ça y est je me remets à fondre en larmes en écrivant cet article !












The murder secret de Mario Bianchi, 1988


THE MURDER SECRET
de Mario Bianchi
1988
Italie
avec Adriana Russo, Gabriele Tinti, Anna Maria Placido, Jessica Moore, Maurice Poli
Supervisé par Lucio Fulci
88 minutes
Thriller/Horreur
VHS sorti chez Kara films
aka Non avere paura della Zia Marta
Synopsis :
Un village provincial d’Italie, à la fin des années quatre-vingts…
Une famille composée de Nora Hamilton, son mari Richard, Georgia la jeune fille et un garçonnet doivent rendre visite à la tante Marta, qui les a invités dans sa villa pour quelques jours…Lorsque la famille arrive, après avoir évité un terrible accident de la route, elle prend possession des lieux ;  Thomas, le contremaitre, les informe que Marta n’est pas présente mais qu’elle doit arriver la matinée dans deux jours…
Thomas explique à Richard qu’une porte sous l’escalier est condamnée et qu’il ne faut surtout pas l’ouvrir…
Le fait d’être dans cette villa augmente la libido de Richard qui montre passionnément son amour à Nora ;  le lendemain, le premier fils de Richard issu d’un autre mariage, débarque avec un fusil sur l’épaule ; des événements mystérieux et surnaturels se produisent et toujours pas de tante Marta à l’horizon !
Georgia trouve des vêtements dans la chambre qu’elle occupe, elle les porte et le lendemain elle voit une inscription sur le miroir du placard de sa chambre indiquant une date de juin 1958, soit trente ans auparavant…
Peu de temps après, Georgia est poignardée à mort alors qu’elle prenait une douche…
Richard décide finalement de fouiller dans le garage de la maison, il trouve un rapport d’un psychiatre qui a diagnostiqué Marta comme schizophrène et autistique…
Un piège terrible semble se refermer sur Richard et il comprend que Thomas, le contremaitre, joue un double jeu dans cette histoire…
La révélation sera faite lorsque Richard ouvre la porte condamnée et descend dans la cave, il va y trouver quelque chose qui dépasse l’entendement !
Mon avis :
C’est quand même un sacré nanar ce « Murder secret », hyper bancal avec une fin incompréhensible et pas du tout plausible, des comédiens soit raides comme des piquets soit à l’expression inappropriée (on retrouve Gabriele Tinti, un habitué du genre, vu entre autres dans « Women prison massacre » de Mattei et dans plein d’autres films ritals d’exploitation), un érotisme hyper gratuit et qui n’apporte rien à l’histoire (juste pour se rincer l’œil), seuls demeurent des FX méga gores mais ça arrive dans les vingt dernières minutes, autrement le film peine à retenir l’attention…
Les flashbacks sont un peu maladroits et la révélation sur la tante Marta avec le contremaitre Thomas n’est vraiment pas crédible (ça veut dire qu’elle n’avait aucun suivi thérapeutique après la sortie de l’hosto il y a trente ans ?), Mario Bianchi (sous couvert de Fulci pour mener la barque, ce qui n’est pas rien !), s’est empêtré dans son script et parfois ça en devient ridicule (la famille est à table et le père décrète qu’il est l’heure d’aller dormir, tout le monde se lève et les assiettes sont encore pleines ! LOL véridique !) ; en fait « Murder secret » ne fait pas du tout peur, simulacre de « Psychose » d’Hitchcock avec un meurtre au surin sous la douche et un gamin tronçonné (fallait oser !), de plus le doublage sur la VHS est exécrable et la pauvreté des moyens financiers fait que la quasi-totalité de l’intrigue se passe dans la villa, seuls les plus tolérants des bisseux goreux trouveront un intérêt à « Murder secret », gloubi boulga horrifique axé sur un côté voyeur et un maquillage affreux pour la tante (Savini ou Gianetto de Rossi peuvent dormir sur leurs deux oreilles, personne ne les égalera)…
Les ficelles du scénario sont grosses comme des câbles de téléphérique, personne ne s’inquiète de Georgia après son meurtre, la famille décimée avec les trois quarts des personnages décapités se retrouvent attablés avec la tête sur les épaules, c’est plutôt celui qui a rédigé le script qui aurait dû la garder justement, la tête sur les épaules !
Bref, « Murder secret » c’est un foutoir total, on sort du visionnage décontenancé et ce manque de crédibilité nuit énormément au film, qui y aurait gagné en étant plus simple et plus facile d’accès…
A part les effets gore qui sonnent bien dans la « Fulci’s touch », je ne vois pas trop ce que le Maestro est venu perdre son temps dans pareille production, on est au ras du sol là…
« Murder secret » est à réserver uniquement aux fans de nanars gore, ceux qui sont exigeants sur la continuité scénaristique, sur la qualité du jeu d’acteurs vont hurler !
Associer le nom de Lucio Fulci en gros sur la jaquette est un argument marketing pour faire vendre et récupérer un maximum d’oseille OK mais à condition que derrière le film tienne la route, or là c’est vraiment limite !
« Murder secret » reste très rare (pas de DVD en français, juste un DVD italien et une VHS), du coup ça attise la curiosité des cinéphiles, donc ne nous privons pas de le visionner si l’occasion se présente mais il ne faudra pas s’attendre à des miracles…
Bâclé et bordélique, « Murder secret » est le bas de gamme dans la carrière de Fulci, seuls ceux qui veulent impérativement posséder tous ses films le verront, les autres passeront allègrement leur chemin !
Note : 3/10