dimanche 31 mai 2015

MAD MAX de George Miller, 1979

MAD MAX
de George Miller
1979
Australie
avec Mel Gibson, Steve Bisley, Joanne Samuel, Vincent Gil, Hugh Keays Byrne
Policier futuriste fantastique brutal
95 minutes
Budget : 350 000  dollars
Recettes mondiales : 99 750 000 dollars (source : wikipedia)
Synopsis :
Banlieue de Melbourne, dans un futur proche…
Une pénurie d’essence fait régner le chaos dans les grandes métropoles et leurs banlieues, un jeune policier, Max Rockatansky, doit appliquer l’ordre et le respect du code de la route, il est épaulé par son collègue, Jim Goose dit « le gorille »…
Lorsque Crawford, un chauffard surnommé « l’aigle de la route », décède lors d’une intervention musclée avec Max, son frère Toecutter jure de venger sa mort et de retrouver Max coûte que coûte…
Jim est la première victime du gang de motards et se retrouve grièvement brûlé, Max, traumatisé, décide de se mettre au vert et part à la campagne avec sa femme Jessie et leur fils Paul…
Toecutter les retrouve et tue Jessie et Paul lors d’une course poursuite…
Max est fou de douleur et sa vengeance sera bestiale !
Mon avis :
Bricolé avec un budget dérisoire inversement proportionnel à l’argent phénoménal qu’il remporta, « Mad Max » est un film culte, LE film culte par excellence, qui marqua toute une génération de cinéphiles et qui, par la fougue et la violence qu’il contient, demeure encore de nos jours une référence aussi bien au niveau du film d’action que du drame ultra violent…
Mel Gibson, dont c’est le premier rôle au grand écran, crève complètement la pellicule et l’aura charismatique qu’il dégage l’amène irrémédiablement au rang de star, de sex symbol pour la gente féminine, « Mad Max » est SON film…
A la furie et à la bestialité incroyables, « Mad Max » décolle dès le début avec une poursuite décapante où la route devient un terrain de mort, exutoire de la folie emmagasinée par des brutes déchainées que rien ne semble réussir à stopper…
L’ultra brutalité des dix premières minutes sert de prétexte à une histoire de double vengeance, comme une partie de ping pong (Max tue le frère de Toecutter, celui-ci tue la femme et le fils de Max donc Max doit à nouveau tuer Toecutter) dans des séquences paroxystiques filmées par un George Miller appliqué dans des cascades motorisées très impressionnantes…
Dès lors, la folie s’empare de tous les protagonistes et le film baigne dans un catharsis difficile à percevoir tant la furie du métrage laisse pantois, parvenant même à tirer des larmes (la scène de la mort de Jessie, atroce, viscérale et d’une force indélébile)…
Il faut voir Gibson courir à bâtons rompus vers le corps inanimé de son épouse, hurlant sa rage comme un chien abattu froidement…
Miller raisonne le postulat de son film avec la plus grande intelligence et se sert de trouvailles hallucinantes (la vision du corbeau, le cercueil à la gare, un timing de folie lors du pillage du camion d’essence) pour démontrer sa passion et sa connaissance innée du septième art, de la violence et de la violence au septième art, à l’instar d’un réalisateur comme Sam Peckinpah auquel Miller emprunte certains codes, tout en les amplifiant…
On sort de « Mad Max » complètement bluffé et tétanisé, pur chef d’œuvre novateur et interdit pendant des années par les censures de divers pays, il est, même trente-six ans après, encore d’un impact foudroyant et inspirera moult autres réalisateurs, s’érigeant en grand classique…
Note : 10/10








samedi 30 mai 2015

Le professionnel de Georges Lautner, 1981

LE PROFESSIONNEL
de Georges Lautner
1981
France
Avec Jean Paul Belmondo, Robert Hossein, Cyrielle Claire, Bernard Pierre Donnadieu, Jean Desailly, Elisabeth Margoni
Policier politique
107 minutes
édité par René Château
Dialogues de Michel Audiard
Musique d’Ennio Morricone
Budget : 20 millions de francs
Nombre d’entrées au box office : 5 200 000
Synopsis :
Début des années 80…
Joss Beaumont est un agent infiltré des services secrets français dans un pays d’Afrique, le Malagawi, il a pour mission de tuer le président Njala, un dangereux dictateur qui règne dans la terreur et qui opprime la population…
N’arrivant pas à ses fins, Joss est convoqué à un tribunal et condamné aux travaux forcés ; il parvient à s’échapper et, après deux années de bagne, revient sur Paris avec la ferme intention de se venger des commanditaires qui l’ont piégé…
Que ce soit en plus haut lieu ou dans la police avec le redoutable inspecteur Rosen, Beaumont va élaborer un plan pour retrouver et éliminer ceux qui l’ont trahi…
Jeanne Beaumont, sa femme, l’aide dans ses démarches et est violentée par Farges, un policier zélé…
Alice, la maitresse de Joss et l’instructeur Picard, un des seuls qui a cru en lui, ne pourront enrayer la folie destructrice de Joss qui n’aura qu’une lubie : tuer le président Njala lors de son séjour en France, pour se faire il se rend clandestinement dans le château où celui-ci a élu temporairement domicile…
Une traque s’amorce avec Rosen, déterminé à liquider Joss et la pression politique qui s’accentue…
Mon avis :
Polar politique de la grande époque des années 80, « Le professionnel » met en exergue un Bébel comme d’habitude survitaminé et joue sur la thématique « FranceAfrique » astucieusement, la combinant comme prétexte à l’histoire, ce qui servira de levier à la cohérence de l’intrigue…
Le casting féminin est de très grande qualité et Lautner apprécie de mettre en valeur la plastique de ses actrices, ce qui semble être en contraste avec l’histoire, plutôt sombre voire nihiliste, et les flics passent tous pour des salopards, sauf quelques-uns comme l’instructeur Picard ou la belle Alice Ancelin, mais les « pourris » semblent plus déterminés que jamais, oscillant dans l’indifférence totale pour Joss/Bébel, traité comme une brebis galeuse, alors qu’il aurait être réhabilité comme héros de la nation…
Rosen offre un rôle à contre-emploi à Robert Hossein, excellent acteur qui n’a plus rien à prouver, et le « duel » avec Belmondo rappelle ceux des films de Sergio Leone, amplifié et sublimé par la magnifique partition d’Ennio Morricone, son compositeur attitré, dans une séquence à la fois intense et pesante…
Lautner appuie et insiste sur le côté solennel de son métrage en y distillant malgré tout des trouvailles humoristiques (les clochards, la prostituée, la scène du bar) où Bébel s’en donne une nouvelle fois à cœur joie dans la distribution de mandales, avec la plus-value des répliques de Michel Audiard en prime…
L’issue du film avec « le règlement de comptes » dans le château de Maintenon en Eure et Loir (et non Rambouillet comme stipulé dans le film par commodité) donne un goût amer au spectateur mais parachève une histoire riche en rebondissements et très subtile dans sa manière et sa progression scénaristique…
Anticonformiste jusqu’à son dénouement, « Le professionnel » offre à Belmondo un de ses plus beaux et meilleurs rôles, le public ne s’y méprenant pas, le film fut un immense succès…

Note : 9/10







lundi 25 mai 2015

La maison qui tue de Peter Duffell, 1971

LA MAISON QUI TUE
de Peter Duffell
1971
Aka The house that dripped blood
Grande Bretagne
Avec Christopher Lee, Peter Cushing, Ingrid Pitt, Jon Pertwee, Denholm Elliott, Joanna Dunham, Nyree Dawn Porter, John Bryans
97 minutes
Film fantastique à sketches/film de demeures
Une production Amicus
Scénario de Robert Bloch
Edité en DVD chez Bach films
Synopsis :
Grande Bretagne, banlieue londonienne, début des années 70…
L’inspecteur Holloway est missionné par Scotland Yard pour élucider une série de meurtres qui ont tous pour points communs une maison bourgeoise que l’agent foncier A.J. Stoker fait visiter à diverses personnes potentiellement acheteuses de ce bien immobilier…
Charles Hillyer, un écrivain de nouvelles fantastiques, pris par l’atmosphère régnant dans le lieu, aperçoit un des personnages de son roman par des flashs hallucinatoires…
Philip Grayson, un sexagénaire veuf, voue un culte à une statue de cire repérée dans un musée ; Neville Rogers, un de ses anciens amis, lui rend une visite inopinée et a une attitude étrange envers Grayson, tout ceci étant lié à la fameuse statue…
John Reid, le père d’une fillette mystérieuse, s’installe dans la bâtisse et emploie Ann Norton, une baby sitter préceptrice pour donner des cours à la bambine, très vite, la jeune femme va se rendre compte que John Reid cache un terrible secret lié, entre autres, à la sorcellerie…
Paul Henderson, un comédien notoire de films d’épouvante assistée de sa conquête féminine du moment, la superbe Carla Lynd, doit tourner un film, « Bloodsuckers», mécontent des vêtements proposés par l’accessoiriste, il se rend dans une boutique où il achète une cape de vampire, cette dernière va lui causer de nombreux troubles lui entrainant un destin funeste…
Le film se clôt lorsque Holloway décide de percer le mystère et se rend dans la maison, puis découvre un caveau dans le sous-sol !
Mon avis :
Firme « cousine » de l’illustre Hammer Films, Amicus réalise ici une de ses meilleures productions allant même à surpasser certaines œuvres élaborées par sa concurrente, « La maison qui tue » est un métrage d’épouvante magistral qui fera date dans le cinéma fantastique d’outre-Manche, bénéficiant d’une réalisation très soignée et d’une application scénaristique exemplaire…
Composé de quatre segments et d’un prologue et d’un épilogue, « La maison qui tue » emprunte et élabore des thématiques du cinéma d’horreur (la sorcellerie, la fillette possédée, le musée de cire, le serial killer étrangleur, le vampirisme) en y intégrant le point d’orgue, la clef de voûte de la « demeure », à l’instar de films comme « La maison des damnés » de John Hough ou même préfigurant « Amityville » tourné huit années plus tard…
Non seulement l’histoire tient en haleine le spectateur, instantanément immergé dans le film, mais l’on assiste à de savoureux numéros d’acteurs par des cadors du genre (Christopher Lee, Peter Cushing et la sublime Ingrid Pitt, excusez du peu…)…
La deuxième saynète (celle du musée de cire) comporte des plans et des idées proches du cinéma latin avec des éclairages bavaiens et une mise en image qui n’est pas sans évoquer « Les trois visages de la peur » (notamment « La goutte d’eau »)…
D’une mise en scène à la fois axée sur l’ambiguïté situationnelle et faisant la part belle à des effets techniques irréprochables (pléthore d’utilisations de miroirs) mais aussi une exploitation des décors hors de la maison (un étang situé à proximité renforce le côté poétique et sombre de l’histoire), « La maison qui tue », outre le fait de faire passer un somptueux moment au spectateur, possède ce charme inné aux productions de l’époque et renvoie à la légende du cinéma britannique gothique, tirant son épingle du jeu par rapport aux films américains et parvenant à imprégner une grâce, une ambiance comme seuls les britanniques savaient faire…
Succulent, exquis et baroque, « La maison qui tue » est un pur délice…

Note : 10/10







samedi 23 mai 2015

Othello d'Orson Welles, 1952

OTHELLO
d’Orson Welles
1952
Etats-Unis
Avec Orson Welles, Suzanne Cloutier, Micheal Mac Liammoir, Robert Coote, Hilton Edwards, Fay Compton
91 minutes
Décors d’Alexandre Trauner
Edité en blu ray chez Carlotta films
D’après l’œuvre de William Shakespeare
Synopsis :
Au sein des doges vénitiennes, Othello dit le Maure de Venise, un membre éminent de la garde militaire du sénateur Barbantio, tombe raide amoureux de sa fille, la sublime Desdémone, et l’épouse sur le champ…
Iago, un des lieutenants d’Othello, est jaloux de ce mariage et colporte dans tout Venise des rumeurs méchantes et infondées pour faire casser et plier le couple, Barbantio en est informé à vitesse grand V et commence à douter de l’honnêteté d’Othello…
Iago fomente un piège machiavélique pour faire capoter la confiance qu’avait Othello en Desdémone, il organise un complot pour faire passer la belle comme adultérine…
Un mouchoir qu’Othello avait offert comme cadeau de noces à Desdémone se perd et est retrouvé sur un autre homme…
Naïf, Othello gobe tout le stratagème et violente Desdémone avant de l’étrangler sur un lit, lit qui sera son linceul…
Voulant mettre fin à ses jours, Othello décède à son tour…
La tragédie se clôt par une veillée funèbre, que l’on aura vue en prologue du film…
Mon avis :
Palme d’or au festival de Cannes en 1952, « Othello » est le témoignage de la quintessence du cinéma créé et formé par Orson Welles, dans sa période shakespearienne au même titre que « Macbeth »…
Tourné au Maroc à Essaouira pour des raisons de commodité, « Othello » fut victime de nombreux problèmes budgétaires suscitant moult arrêts de tournage, Welles dut d’ailleurs injecter l’argent des bénéfices d’autres films qu’il tourna en simultané pour pérenniser son métrage…
Soyons clairs, le résultat résultant est tout bonnement SENSATIONNEL, très peu de grands cinéastes peuvent fournir autant de grâce, d’application que Welles pour ses films…
Chaque plan n’excède les cinq secondes, ce qui rend encore plus dense « Othello », bardé de trouvailles techniques ultra novatrices et modernes pour le début des années cinquante, dans un déluge de séquences picturales à se plaquer au sol, Welles réinvente Shakespeare au cinéma et rend à l’auteur ses lettres de noblesse dans sa transfiguration artistique et cinématographique, conviant le spectateur à une apothéose grandeur nature…
Tout est fouillé, travaillé et élaboré de main de maitre par un Welles implacable et sûr de lui, rien n’est laissé au hasard et on peut savourer des techniques presque proches du cinéma fantastique lors de scènes incroyables, presque lunaires (le prologue magnifique de la veillée mortuaire, les oiseaux virevoltant dans le ciel, les cadrages de folie, le plan du caniche dans le sauna…).
Suzanne Cloutier de par sa beauté cristalline et hors normes semble être une fée évadée dans un cauchemar et Welles de sa carrure imposante offre un jeu viscéral amplifié par une présence remarquable à tous les niveaux…
« Othello » c’est du High level puissance 10 000, du cinéma élitiste MAIS tout à fait accessible, qui révolutionna le septième art par une prestance et un jeu graphique encore bluffants de nos jours…
L’impact de fascination n’a pas pris une ride et je vous recommande de « visiter » ce film un peu comme on visite un grand musée, avec une curiosité aiguisée et un appétit cinéphile de se confronter à de multiples surprises…
Une bombe absolue !

Note : 10/10







dimanche 17 mai 2015

The stuff de Larry Cohen, 1985

THE STUFF
de Larry Cohen
1985
Etats Unis
avec Michael Moriarty, Paul Sorvino, Garrett Morris, Andrea Marcovicci, Scott Bloom, Patrick O’Neal, Danny Aiello
Fantastique
85 minutes
Synopsis :
Etats Unis, courant des années 80…
Un homme fait la découverte d’une substance blanchâtre qui sort d’un sol enneigé, pris de curiosité il la goûte et trouve son goût savoureux ; Jason, un adolescent insomniaque ouvre le frigo de sa cuisine et constate qu’un pot de grande taille de yaourt se met à bouger anormalement…
Le « yaourt » en question est une substance addictive qui prend possession de tous ceux qui l’ingurgitent, un consortium industriel le fabrique à grande échelle, le produit incriminé est baptisé « The Stuff »…
David Rutherford, un ancien membre du FBI, est payé par les concurrents de « The stuff » pour démanteler le réseau de fabrication de ce yaourt qui fait fureur à travers tout le pays, se dotant même de publicités télévisuelles et radiophoniques…
Aidé par un militaire, Malcolm Grommett Spears, Rutherford rentre de force et clandestinement dans l’usine où le « yaourt » est conçu…
Ce qu’il va découvrir mettra sa vie en péril !
Mon avis :
Larry Cohen est un honnête artisan du cinéma fantastique d’outre Atlantique, il l’a prouvé maintes fois, notamment avec sa trilogie des « Monstres sont vivants » ou avec des films comme « American terror » ou « L’ambulance »…
Ici, le réalisateur choisit d’opter pour la dérision et l’humour au service d’une intrigue rondement menée, qui se suit facilement et qui va droit au but avec beaucoup de raccourcis scénaristiques renforçant son efficacité…
Parfois iconoclaste, « The stuff » n’est pas catalogué comme « film qui fait peur » mais plutôt comme comédie fantastique, enjouée et sans temps mort, avec des comédiens très sympathiques et convaincus de leur entreprise…
Cohen connaît bien tous les rouages d’un métrage et sait parfaitement rendre son film attachant malgré un point de départ relativement casse gueule (le tueur est un pot de yaourt !), il s’en sort largement avec les honneurs et arrive à donner de l’intérêt à l’histoire grâce à de nombreux subterfuges comme des spots publicitaires ringards et hilarants ou un choix de décors crédibles avec des trucages kitschs mais efficients…
Le ton de la comédie est flagrant et les seconds rôles sont bien dans cette ambiance humoristique portant le film dans une dérision inattendue pour une œuvre fantastique de ce calibre eu égard à la filmographie précédente de Larry Cohen, plutôt sombre et pessimiste…
Dans l’ensemble, « The stuff », tout en n’étant pas un chef d’œuvre immortel, permet au spectateur de passer un moment agréable et ne souffre pas d’un ridicule qui aurait pu flirter avec un postulat aussi grotesque ; la gageure fonctionne excellemment et l’atmosphère qui y règne est joyeuse et décontractée…
A voir sans problème car la pellicule défile très vite, les plans se déroulant à vitesse grand V, ce qui accentue la sensation de légèreté pour ce film tout à fait digeste, contrairement au yaourt qu’il met en scène…

Note : 7/10






vendredi 15 mai 2015

Mad Max Fury road de George Miller, 2015

MAD MAX FURY ROAD
de George Miller
Australie
2015
Avec Tom Hardy, Charlize Theron, Nicholas Hoult, Zoe Kravitz, Rosie Huntington Whiteley, Hugh Keays Byrne
Fantastique post apocalyptique/Aventures épiques
120 minutes
Budget : 150 millions de dollars
Présenté hors compétition au festival de Cannes 2015
Synopsis :
Dans un monde dévasté où quelques survivants végètent sans eau ni nourriture, nous retrouvons le héros Max Rockatansky après son périple au dôme du Tonnerre…
Immortan Joe, un despote repoussant et irascible contrôle la production d’eau et d’essence et règne en maitre sans partage sur la contrée, la population restante l’acclamant lors de « messes » surréalistes où il fait jaillir l’eau d’une montagne…
Imperator Furiosa, une de ses disciples et subordonnée, le trahit en le quittant et part avec de jeunes femmes promises à Immortan Joe dont une qui est enceinte de lui…
Nux, un combattant de Furiosa, capture Max lors d’un combat motorisé et ce dernier se retrouve affublé d’une « muselière » en acier faisant qu’il ne peut se nourrir et étancher sa soif dans cette zone aride…
Petit à petit, des liens se tissent entre Furiosa et Max, ils n’ont plus qu’un seul but : anéantir Immortan Joe…
Une gigantesque et dantesque course poursuite est amorcée avec des passages nocturnes et Max guide Furiosa qui veut rejoindre la « terre verte » pensant trouver un eldorado…
Pendant ce temps, Immortan Joe parvient à retrouver la trace des fugitifs…
Mon avis :
C’est avec une certaine appréhension qu’était attendu ce quatrième opus des aventures légendaires de Max, Max le « fou », l’attente est à la mesure du résultat obtenu ; il aura fallu trois années de tournage, une décennie de repérages de la part de George Miller et moult rebondissements et améliorations pour finalement accoucher de ce successeur de la trilogie mythique et connue de tous les cinéphiles, le résultat est une apothéose totale !
Tourné dans le désert de Namibie, « Mad Max Fury road » se prend comme une gigantesque claque, un prolongement des précédents segments mais qui s’est « actualisé » et qui prend des libertés scénaristiques avec toujours comme point d’orgue ces vrombissement furibards de monstres mécaniques et cette action ultra violente et débridée mais avec un ajout certain et revendiqué de féminisme qui se place sous les meilleures augures pour revitaliser le « culte » inhérent à Mad Max…
Ca n’arrête jamais et dès l’entame, dès les premières minutes, on comprend que l’on a affaire à un « mastodonte », un blockbuster qui n’en est pas un, loin des codifications instaurées par Hollywood mais à du VRAI cinéma, de l’AUTHENTIQUE septième art avec des personnages surboostés et un déchainement total de tout ce qui a été vu et envisagé au cinéma depuis des lustres…
L’eldorado que recherche Furiosa ( la Terre verte) peut faire référence au « Aguirre, la colère de Dieu » de Werner Herzog avec un combat démultiplié où l’issue ne peut être que la mort…
Immortan Joe fait figure de tyran à la Raspoutine et la froideur qu’il emploie vis-à-vis des esclaves, des pauvres gens et des jeunes femmes à sa botte fait froid dans le dos, lors de combats épiques mêlant l’hystérie avec la barbarie, l’instinct de survie avec la mort imminente et instantanée…
Son « armée » (et oui on est en guerre !), les Warboys, sbires aussi déchainés que stupides, rappelle la « chair à canon » des grandes guerres, ici c’est plutôt de la « chair à camion »…
Tom Hardy tire la couverture vers lui pour reprendre le rôle de Mel Gibson et on voit à peine la différence, Charlize Theron, crâne rasé et bras bionique est exceptionnelle et c’est un plaisir de retrouver Rosie Huntington Whiteley (vue dans le « Transformers 3 » où elle était sousemployée, elle se révèle bonne actrice)…
Se dotant d’atouts considérables pour appuyer son propos, « Mad Max fury road » pousse très loin dans l’action et « reformate » un cinéma qui était en perte de vitesse depuis quelques années, il redonne de la saveur et de la vigueur au film d’action et servira de levier pour réalimenter le mythe initial, un peu comme la scène de la rédemption finale où Miller délivre un message lyrique et universel…
On en sort collapsés et catharsisés en même temps, « Mad Max Fury road » est exactement l’exutoire qu’il fallait au cinéma, si vous ne devez visionner qu’un seul film cette année, alors que ce soit celui-ci (pour reprendre la formule consacrée)…
Incontournable et encore de nos jours, trente années plus tard, Mad Max exerce toujours autant le même pouvoir d’attraction , la même fascination…

Note : 10/10








mercredi 13 mai 2015

L'avion de l'apocalypse d'Umberto Lenzi, 1980

L’AVION DE L’APOCALYPSE
d’Umberto Lenzi
Italie/Espagne/Mexique
1980
Aka Incuba sulla citta contaminata
Aka Nightmare city
Aka l’invasion des zombies
Avec Hugo Stiglitz, Laura Trotter, Francisco Rabal, Mel Ferrer, Maria Rosaria Omaggio, Stefania D’amario, Sonia Viviani, Eduardo Fajardo
Grindhouse film
85 minutes
Édité en DVD chez Neopublishing
Synopsis :
Rome, Italie, 1980…
Dean Miller, un journaliste de télévision accompagné de son assistant caméraman doit couvrir la venue d’un savant scientifique de renommée et se rend à l’aéroport de la ville afin d’avoir l’exclusivité de l’information de l’éminent professeur…
L’avion traverse une zone de turbulences suite à des radioactivités toxiques…
Arrivé sur le tarmac, il en sort une horde de monstres mutants qui tuent tous les militaires et forces de l’ordre venus sécuriser l’endroit, Dean parvient à s’échapper de justesse…
Il prévient de suite sa femme Anna, infirmière du grand hôpital de la ville alors qu’elle est en pleine opération chirurgicale…
C’est la panique totale, les monstres contaminant quiconque entre en contact avec eux…
Le major Warren Holmes, un éminent militaire quitte inopinément sa femme, Sheila et son supérieur, le général Murchison,  semble dépassé par les événements…
Sa fille Jessica est tuée ainsi que son petit ami…
Bon gré mal gré et avec la ferme intention de sauver leurs peaux, Anna et Dean quittent le centre de la ville et se réfugient dans une église située en périphérie de la métropole…
Ils sont bientôt assiégés par les zombies !
Mon avis :
Dans la même veine que ses cousins « Le Manoir de la terreur » d’Andrea Bianchi et « L’enfer des zombies » de Lucio Fulci, « L’avion de l’apocalypse » fait partie de la déferlante « films de zombies grindhouse » de l’Italie des années 80, ici coproduite par des espagnols et des mexicains (on hérite donc de l’inénarrable Hugo Stiglitz, acteur mexicain alors qu’étaient pressentis Fabio Testi ou Franco Nero pour le rôle principal)…
Soyons nets, on est en plein nanar, un film mené à fond les bananes, racoleur comme pas possible et aux effets sadiques et voyeuristes mais qui déclenche une action, un levier dans la rapidité peu commun aux autres films de sa catégorie, ça n’arrête jamais, dès les cinq premières minutes on est pris dans le feu du film et il est difficile d’éteindre l’incendie…
Stiglitz est aussi convaincant que Chuck Norris et la détermination qu’il met dans son personnage frôle le zéro pointé, mais quel bonheur de voir ce barbu garder un calme olympien dans les pires situations, rien que pour lui il faut voir le film !
Les militaires sont tous des abrutis avec mention à Francisco Rabal en major libidineux qui n’en mène pas large face à la volcanique Maria Rosaria Omaggio, superbe mais sous employée dans le film…
Les passages dans le studio de télévision et dans l’hôpital font tout partir en live mais Lenzi se démerde correctement pour tout coordonner et rendre crédible son entreprise via un montage serré et une mise en situation efficace, il connaît son boulot et ma foi, il le fait bien !
Les zombies ont des maquillages proches d’excréments séchés et les effets gore fonctionnent à merveille avec notamment une énucléation et des seins perforés, on a même un zombi communiste qui se trimballe avec sa faucille, bref vous l’aurez pigé « L’avion de l’apocalypse » c’est du lourd, du très lourd, à ranger entre « Zombie » et « Les bronzés font du ski », idéal pour une soirée bières/pizza entre potes ou juste pour le fun, histoire de décompresser !
Un vrai must !

Note : 8/10






mardi 12 mai 2015

GRAVITY d'Alfonso Cuaron, 2013

GRAVITY
d’Alfonso Cuaron
Etats-Unis
2013
Avec Sandra Bullock et George Clooney
Aventures spatiales
91 minutes
7 oscars en 2014 dont celui du meilleur réalisateur
Synopsis :
2013, en plein dans l’espace…
Matt Kowalski et Ryan Stone, deux astronautes qui travaillent pour le compte de la NASA sont en mission pour réparer une partie du télescope spatial Hubble…
Cette situation périlleuse où ils sont en liaison permanente avec l’équipe au sol va tourner au cauchemar lorsque les débris d’un satellite russe heurtent leur appareil…
Tout l’équipage décède sauf Kowalski et Stone et ces derniers se retrouvent errant en plein espace, sans possibilité de survie à long terme…
Matt parvient à s’accrocher avec Ryan mais toutes les quatre-vingt dix minutes, d’autres débris sont susceptibles de revenir…
L’oxygène commence à manquer dans le scaphandre de leurs combinaisons et une station japonaise est à plusieurs centaines de kilomètres…
Parviendront- ils à y arriver avant les autres débris ?
S’en sortiront ils vivants ?
Mon avis :
« Gravity » est l’un des films les plus importants de ces dix dernières années, nous sommes en présence d’un tour de force cinématographique qui dépasse toutes les capacités et espérances vues au cinéma, un tel degré est atteint qu’il est impossible de ne pas y voir un chef d’œuvre, aussi bien au niveau de la technique que de l’émotionnel, aussi bien sur le plan de l’aventure humaine que de la lourde symbolique de survie très prégnante dans le métrage…
C’est un peu comme si on était bercé dans l’espace avec les deux astronautes avec parfois des éclairs fulgurants (l’arrivée des débris) mais ce qui marque le plus c’est les dix dernières minutes, lorsque Ryan se met en position fœtale, on a l’impression d’assister à une (re)naissance, tout est clair dans la symbolique, les dizaines de fragments fonçant droit sur l’atmosphère ressemblent à s’y méprendre à des spermatozoïdes et l’eau qui immerge la capsule à du liquide amniotique…
La sortie du lac effectuée par Ryan symbolise l’accouchement avec la tête qui émerge de l’eau, cette métaphore est simple mais il faut pouvoir la discerner…
Les deux personnages ne sont pas des « héros » traditionnels à proprement parler, Kowalski ayant toujours un sens de l’humour même dans les situations les plus périlleuses (admirable George Clooney) et Ryan souffre de la perte accidentelle de sa fille (Sandra Bullock obtient avec « Gravity » son meilleur rôle, plus mature que dans ses précédents films)…
D’une intelligence de traitement saisissante (George Clooney revient sur la capsule mais ce n’est pas crédible donc… je vous laisse découvrir l’astuce), Cuaron exploite et explore la complémentarité des deux protagonistes pour les rendre à la fois attachants et empathiques aux yeux du spectateur, il n’en oublie pas cependant des moyens techniques colossaux pour appuyer la dimension sensationnelle de son œuvre, une des plus spectaculaires jamais réalisées !
« Gravity » a renouvelé le cinéma mondial au même titre que des films comme « Avatar », « Titanic », « Alien » ou « Blade runner »…
Immanquable !

Note : 10/10