dimanche 26 février 2017

Rien que pour vos yeux de John Glen, 1981

RIEN QUE POUR VOS YEUX
de John Glen
1981
Grande Bretagne
avec Roger Moore, Carole Bouquet, Lynn Holly Johnson, Chaim Topol, Julian Glover, John Wyman, Cassandra Harris
Aventures/espionnage
123 minutes
Chanson interprétée par Sheena Easton
Collection « James Bond »
aka For your eyes only
Cascades coordonnées par Remy Julienne
Budget : 28 000 000 dollars
Recettes au box- office mondiales : 187 412 802 dollars
Synopsis :
Alors qu’il se rendait sur la tombe de sa femme, James Bond est victime d’un détournement d’hélicoptère par un membre du SPECTRE, in extremis, il parvient à se dépêtrer de cette affaire et tue son agresseur…
Le système ATAC est un outil qui permet de détourner la cible de missiles, Melina Havelock, la fille de l’inventeur de ce procédé, assiste impuissante à la mort de ses parents sur un yacht…
Bond est chargé de retrouver le système ATAC, Milos Columbo, un terroriste ennemi de Bond charge Emile Léopold Locque, un dangereux tueur d’éliminer Bond et quiconque se mettra devant son passage, Columbo veut vendre, contre une forte somme d’argent, le système ATAC aux russes qui pourraient ainsi contrôler l’armement mondial…
En Suisse, Bond retrouve Mélina, elle suit les traces de Columbo dans le but de venger la mort de ses parents, Bond la dissuade de prendre de tels risques…
Bibi Dahl, une jeune patineuse olympique, tombe amoureuse de Bond et n’arrête pas de l’allumer…
Bond est pourchassé par des tueurs à moto et parvient à s’extirper de Locque, qui tue un de ses assistants…
Kristatos, un adversaire de Bond, est retranché dans un monastère perché sur une montagne en Grèce…
Bond, avec l’aide de Mélina, escalade cette montagne, le système ATAC s’y trouve…
Après une lutte sans merci, Bond parvient à neutraliser les hommes de Kristatos et récupère le système ATAC ; Gogol, un officier russe arrivait à ce moment- là pour s’en emparer !
Mon avis :
Ce « Rien que pour vos yeux » est sans conteste un des meilleurs avatars de la saga des James Bond, tout y est : de l’action, de belles James Bond girls (Carole Bouquet convient s’être mortellement ennuyée lors du tournage, quoiqu’il en soit, ça ne se voit pas, elle tient une composition très honnête et s’en sort bien) et surtout, et là c’est ce qui est très fort, une densité et une multiplicité des décors fabuleuse (on passe de scènes sous-marines à des poursuites en ski, des cascades motorisées jouissives et parfaitement calibrées –ça déménage avec l’embuscade en 2 chevaux !-), bref ça démarre sur les chapeaux de roues et ça n’arrête jamais au niveau du rythme !
Le spectateur est pris dans un maelstrom d’action avec toujours cet humour dans les répliques qui font mouche (Roger Moore, souvent dénigré par les puristes, n’a pourtant rien à envier à Sean Connery), on assiste à un tourbillon de séquences efficaces qui prennent leur point d’orgue lors du quart d’heure final (l’escalade de la montagne grecque, majestueuse !), on sursaute, on est pris d’intérêt pour l’histoire et Bond a une baraka du tonnerre, il s’en sort à chaque fois ! (le Tom Cruise de « Mission impossible » lui doit tout, il s’agit de son archétype)…
Les personnages secondaires sont, eux aussi, parfaits, chacun est à sa place et la coordination de John Glen est parfaite et excellemment élaborée…
« Rien que pour vos yeux » est un James Bond mémorable et habile à tous les niveaux, la musique envoûtante du générique et la dynamique dont il fait preuve en font le plus attractif de la série, on se régale de bout en bout même si l’intrigue est parfois trop dense et même compliquée (il y a beaucoup de lieux géographiques différents, beaucoup de protagonistes, on peut s’y perdre)…
Quoiqu’il en soit, le PLAISIR est bien au rendez-vous et on ne perd pas une seule seconde de ce film, on le boit comme un délicieux nectar de cinéma, il faudrait vraiment être de mauvaise foi pour ne pas apprécier le spectacle…
Dans l’ensemble, « Rien que pour vos yeux » est un pur régal, on en prend plein les mirettes et l’application dans la réalisation est telle qu’on a même envie de le revoir très vite…
Une très grande réussite pour Bond qui fera indéniablement date dans l’histoire…
Du bonheur en barres ce film !

Note : 9.5/10






samedi 25 février 2017

Amazonia la jungle blanche de Ruggero Deodato, 1985

AMAZONIA LA JUNGLE BLANCHE
de Ruggero Deodato
1985
Etats-Unis/Italie
avec Lisa Blount, Michael Berryman, John Steiner, Karen Black, Barbara Magnolfi, Gabriele Tinti, Richard Lynch, Valentina Forte, Willie Aames
Film d’aventures horrifiques
91 minutes
aka Cut and run
Musique de Claudio Simonetti
Sorti en DVD chez Anchor bay
Sorti en VHS chez UGC vidéo
Maquillages SFX de Maurizio Trani
Synopsis :
Colombie, un petit village au milieu des années quatre-vingts…
Quecho, un tueur au physique horrible et à la force herculéenne, commet un massacre auprès de trafiquants de cocaïne, il commande une tribu d’indigènes que l’on suppose cannibales…
Miami, Etats-Unis, Fran Hudson, une journaliste, prépare un reportage sur le trafic de drogue, rancardée par un informateur, elle se rend dans un appartement avec son caméraman, elle découvre une hécatombe ; une jeune femme brune qui avait transporté de la cocaïne dans un faux bébé en plastique depuis la Colombie, ainsi que ses acolytes ont été massacrés et dénudés ; la reporter et son assistant partent in extremis, juste avant l’arrivée de la police…
Le colonel Brian Horne, sorte de Colonel Kurtz, est un militaire qui s’est exilé auprès d’une tribu de cannibales, une vidéo de lui est découverte par Fran, cette dernière décide de partir en Colombie pour le rencontrer et l’interviewer…
Sur place, une superbe brune, Ana, Tommy Allo et son fils Bob, ont été enlevés par Vlado, un guerrillero sanguinaire qui a fait main basse sur le trafic et la conception/production de la cocaïne…
Une véritable « guerre » sans merci a lieu entre Horne et Vlado, Quecho est l’homme de main de tous ces massacres et quiconque osera défier cette organisation se verra tué par ce solide gaillard…
Au beau milieu de tout ça, Fran Hudson et son caméraman débarquent dans la forêt amazonienne…
A peine arrivés, un de leurs guides se fait tuer…
Mon avis :
Voulu par les producteurs comme une suite directe de « Cannibal Holocaust », Deodato est bien plus malin que ça et n’applique pas bêtement son film comme un « Cannibal holocaust » bis, il va plus loin et signe un véritable film d’aventures ponctué de passages très gore et franchement dégueux, boostés par la présence de l’impayable Michael Berryman, réchappé des « Colline a des yeux » et à la trogne que l’on n’oublie pas (il ferait peur à une couvée de singes !)…
Cette fois, le film se démarque du grindhouse pur grâce à une interprétation travaillée et fouillée, allant même tremper dans des passages mélodramatiques fort bien restitués par les acteurs (Tommy qui retrouve son fils Bob qui a frôlé la mort, Fran terrorisée qui hurle lorsqu’elle découvre des cadavres pendus, le viol d’Ana voulu par ce salopard de Vlado –John Steiner, le Cristiano Berti de « Ténèbres » est méconnaissable !-)…
« Cut and run » est un métrage tonique et très rythmé qui ne fait pas dans la demie mesure mais cela confère à rendre son postulat crédible, les paysages sont magnifiques (on se croirait dans « Aguirre la colère de Dieu » de Herzog et les vues aériennes sont de toute beauté, le fleuve lors du passage en canoë, mais aussi la forêt très dense et hostile où nombre de pièges tendus par les cannibales sont présents –attention avec la séquence de l’écartèlement, très réaliste et hypra gore, ça ne plaisante pas !-)…
On se régale littéralement dans cette intrigue typique des années quatre-vingts et le film fut un beau succès au box-office (il fut même diffusé dans les cinémas des Champs Elysées à sa sortie en 1985), on a là un pur film d’aventures gore mis en scène par un Deodato particulièrement appliqué et maitrisant sa tâche, qui n’est pas grisé par le culte initié par « Cannibal holocaust » et qui n’a nullement pris la grosse tête, il est là pour donner du loisir et du plaisir au spectateur fan du genre et ça marche au-delà de toutes les espérances !
Vous avez des acteurs convaincants, une pointe d’érotisme, de la violence, des décors de rêve, du suspense et de l’action, que demandez de plus ?
On tient ici un des meilleurs films du Maestro Deodato, une œuvre rugueuse et accessible en même temps avec des parfums capiteux où l’on ressent bien la sueur de la transpiration des protagonistes dans cette forêt amazonienne étouffante qui sert de levier dans le piège avec, pour seule issue, la mort…
Seuls quelques- uns survivront et le happy end sera de rigueur avec un grand sens de l’entertainment mais pour adultes (le film est d’une grande violence et à ne pas montrer à un jeune public)…
Les vrais cinéphiles fanatiques de cinéma d’exploitation ne pourront que jubiler devant « Cut and run » qui reste unique en son genre au niveau qualitatif et apporte une pierre à l’édifice du grindhouse italien…
Deodato s’est surpassé, un MUST !

Note : 9/10




lundi 20 février 2017

La valse des pantins de Martin Scorsese, 1983

LA VALSE DES PANTINS
de Martin Scorsese
1983
Etats-Unis
avec Robert de Niro, Jerry Lewis, Sandra Bernhard, Diahnne Abbott, Martin Scorsese (caméo), Shelley Hack
110 minutes
Comédie acide
aka King of comedy
Budget : 20 000 000 dollars
Recettes mondiales : 2 500 000 dollars
Edité en blu ray 4K chez Carlotta films
Film en compétition au festival de Cannes en 1983
Synopsis :
Ville de New York, années quatre-vingts...
Rupert Pupkin est un comédien inconnu du grand public qui rêve de percer dans le milieu du show comique télévisé ; Jerry Langford est une grande célébrité qui donne un spectacle retransmis sur une grande chaîne, un soir, alors que Langford sort des studios, une émeute de fans est déclenchée ; Masha, une femme hystérique qui vénère Langdord, créée une immense bousculade, Pupkin la chasse de la voiture de Langford et s’introduit dans le véhicule, dans la panique la plus totale…
Pupkin tient la jambe de Langford durant une poignée de minutes et obtient in fine que Langford lui propose de le rappeler pour une entrevue…
Rupert , fou de joie et croyant dur comme fer à la sincérité de Langford, se rend dans la tour qui sert de maison de productions au Jerry Langford Show…
Il est d’abord reçu par Cathy Long qui lui demande une bande sur cassette audio de ses prestations…
Rita Keane, une jolie barmaid dont Pupkin est amoureux, se fait promettre par ce dernier monts et merveilles, Rupert se voyant déjà méga star et au sommet des affiches…
Le lendemain, Cathy Long annonce à Pupkin que sa candidature pour le show ne sera pas retenue et l’invite à persévérer…
N’écoutant que lui et fou de rage, Pupkin s’introduit illégalement dans les bureaux et sera viré manu militari par les agents de sécurité…
Prenant le taureau par les cornes, Pupkin décide, avec l’aide de Masha, de kidnapper Jerry Langford et de le forcer à le laisser faire sa prestation lors du show !
Mon avis :
Film atypique dans la carrière de Martin Scorsese (ici pas de violence) et véritable insuccès au box office malgré des critiques emballées, « La valse des pantins » est une œuvre géniale qui donne bien un aperçu du talent de Scorsese quelques soient les sujets qu’il aborde…
La densité du scénario, le jeu halluciné  des acteurs (et même les seconds rôles féminins) est proprement dingue ; De Niro est en roue libre complète, Jerry Lewis en mégastar méprisante et imbue de sa personne est à contre-emploi et Diahnne Abbott et Sandra Bernhard, les éléments féminins, s’impliquent énormément, à noter la présence de Shelley Hack, une des « drôles de dames », célèbre série télévisée…
« La valse des pantins » est une comédie dramatique réjouissante mais qui fait quand même très peur sur la pathologie (c’est le mot) de Rupert Pupkin car il est totalement SCHIZOPHRENE, il s’invente des mises en scène, fait les questions et les réponses, parle à des fantômes et créée des personnages en cartons pour s’asseoir à côté d’eux ; ce rôle sied à merveille à De Niro, comme lorsqu’il se parle à lui-même devant une glace dans « Taxi driver » ; dans « La valse des pantins » il est déchaîné, déblatère des loghorrées à n’en plus finir, il VIT DANS SON MONDE, en dehors de la réalité, n’écoutant personne et allant jusqu’au bout de ses aspirations quoiqu’il advienne !
C’est sans doute cela qui a décontenancé le public simple et lambda et qui fit l’insuccès du film, parce que cinéphiliquement parlant « La valse des pantins » est un film génial et qui atteint des sommets dans la texture de la mise en scène…
Scorsese étonne, perturbe les habitudes des spectateurs dans des séquences parfois hilarantes et toujours décalées, il réinvente la comédie dramatique, rien que ça !
Et comme s’il s’agissait d’un gamin capricieux qui tape du pied, on finit par lui céder à Rupert Pupkin et après maintes tergiversations, il finit par passer comme invité au show de Langford, mais au prix d’une incarcération !
Le film se clôt sur un délire puisqu’il devient à nouveau star lui-même et écrivain à succès, bref la boucle est bouclée mais après des dizaines de rebondissements…
On sort de « La valse des pantins » un peu abasourdi mais très heureux d’avoir vécu une nouvelle fois un grand moment de cinéma made in Scorsese…
Le blu ray de Carlotta films est en définition 4K donc l’image est magnifique, ce film est à redécouvrir pour tout cinéphile, son authenticité et la richesse de son propos et des thématiques qu’il aborde (le succès à tout prix notamment) est devenue encore d’actualité de nos jours (lorsqu’on voit la téléréalité et les artistes qui veulent percer dans le show biz par ce biais), Scorsese tapa dans le mille et forge un style visionnaire à « La valse des pantins » que l’on n’aurait pas soupçonné il y a plus d’une trentaine d’années…
« La valse des pantins » est un chef d’œuvre essentiel et également accessible à tout type de public, un régal absolu et on jubile une nouvelle de voir de Niro dirigé de main de maître par Scorsese, avec en bonus un Jerry Lewis sidérant, bref, il faut voir absolument ce film !

Note : 9.5/10






samedi 18 février 2017

Les trois jours du condor de Sydney Pollack, 1975

LES TROIS JOURS DU CONDOR
de Sydney Pollack
1975
Etats-Unis
avec Robert Redford, Faye Dunaway, Cliff Robertson, Max Von Sydow, John Houseman
Thriller politique
117 minutes
Edité en blu ray chez studiocanal
aka Three days of the condor
Budget : 20 000 000 dollars
Synopsis :
Ville de New York, quartier de Manhattan, Etats unis, milieu des années soixante dix, au mois de décembre, peu avant Noël…
Joseph Turner est un agent de la CIA qui travaille dans une antenne de la célèbre organisation, il doit contrôler tout ce qui est diffusé par la presse et les médias et cerner à la loupe les articles afin de vérifier qu’il n’y a pas de sous-entendus conspirationnistes envers le gouvernement américain…
Un midi, alors que tout semble comme d’habitude, Turner part chercher le déjeuner pour ses collègues, à son retour il les retrouve tous abattus !
Devant l’ampleur de cette catastrophe, il prévient son supérieur en l’appelant d’une cabine téléphonique ; très vite, Turner comprend qu’il n’a pas une attitude normale…
Après avoir échappé de justesse à une fusillade dans une ruelle, Joseph Turner kidnappe une jeune femme, Kathy Hale, de manière hasardeuse et la force à le conduire chez elle…
Joubert, un dangereux tueur à gages sous les ordres de Higgins et de Monsieur Wabash, piste Turner…
C’est alors que Turner comprend que ses assaillants sont en fait d’autres membres de la CIA qui éliminent les témoins gênants ; de policière et criminelle, l’affaire devient politique et Turner va tout faire pour, premièrement, sauver sa peau et deuxièmement, faire éclater la vérité au grand jour….
La tâche ne sera pas aisée…
Mon avis :
« Les trois jours du condor » est l’exemple typique du thriller politique dans le cinéma américain des années soixante-dix et Sydney Pollack maîtrise totalement son sujet grâce à une mise en scène fluide qui tient bien en haleine…
Il dote ses personnages d’un grand relief et sait les diriger pour que l’ensemble paraisse crédible, donc le scénario tient parfaitement la route, ponctué d’une ambiance riche en tension et en paranoïa, le spectateur, tout comme Turner (excellent Robert Redford) se méfie de tout et de tous…
Le microcosme de Manhattan avec son architecture dense et la multitude de ses bâtiments renforce un sentiment d’étouffement, de confinement et heureusement le personnage de Kathy (la belle Faye Dunaway) donne une grande fraîcheur au métrage et fait rebondir l’intrigue de manière très intéressante, l’histoire d’amour entre Turner et Kathy n’est pas nunuche et se révèle même touchante (Pollack nous surprend avec une belle scène d’amour bien intégrée dans le parcours des deux personnages)…
La fusillade du début est réaliste et on comprend que l’on n’a pas affaire à des rigolos mais à des tueurs professionnels prêts à tout pour effectuer leur funeste mission…
Redford/Turner va devoir être très malin s’il veut s’en sortir et il rivalise d’ingéniosité et d’imagination pour comprendre ce qui lui arrive, il se fait aider par Kathy et l’habileté de la jeune femme lui fera trouver l’origine et la motivation de Higgins, le film prend alors son véritable essor et s’avère glaçant, surtout avec le personnage de Joubert, tueur impitoyable (le dénouement est sidérant !)…
Max Von Sydow, illustre comédien, tient donc le rôle de Joubert, et autant dire que du haut de son mètre quatre-vingt dix, les autres n’en mènent pas large, il est même carrément flippant de froideur et de méthode, y allant frontalement, le passage avec la sortie de l’immeuble de Turner avec les jeunes est un modèle de mise en scène qui intègre une déviation scénaristique car Turner n’avait qu’une chance infime de s’en sortir, le spectateur retient son souffle de façon insoutenable et dans une atmosphère chargée en tension…
Kathy désamorce un peu la paranoïa ambiante et son appartement sert de refuge à Turner pour se reposer et se reconstruire après le trauma qu’il vient de vivre…
Kathy est une « personne ressource » pour Turner et, sans s’en rendre compte, elle lui sauve la vie…
Avec « Les trois jours du condor » on assiste à du grand cinéma dans la pure tradition du genre, à l’instar de films comme « Marathon man », « Les hommes du président » et même proche du cinéma d’Oliver Stone, l’outrance en moins…
Très grand réalisateur et parfaitement appliqué, Sydney Pollack signe ici un thriller politique exemplaire dans sa construction que tout cinéphile se doit d’avoir visionné au moins une fois, le blu ray collector de Studiocanal est de très grande qualité et l’image nette permettra au plus exigeant des geeks de découvrir ou redécouvrir ce film, qui fut un beau succès au box office lors de sa sortie…
Pour comprendre les motivations du cinéma politique américain ou tout simplement pour passer un bon moment cinéphile, « Les trois jours du condor » est hautement recommandable…

Note : 9/10




jeudi 16 février 2017

Le survivant d'un monde parallèle de David Hemmings, 1981

LE SURVIVANT D’UN MONDE PARALLELE
de David Hemmings
1981
Australie
avec Robert Powell, Jenny Agutter, Joseph Cotten
Fantastique
82 minutes
aka The survivor
DVD sorti dans la collection Mad movies
Musique de Brian May
Synopsis :
Une petite ville d’Australie, au début des années quatre-vingts…
En pleine nuit, un avion s’écrase alors qu’il commençait à décoller, il y a trois cents passagers à bord, tout le monde décède sauf, curieusement, David Keller, le commandant de bord…
Dans un dédale de corps enchevêtrés et brûlés atrocement, les enquêteurs pratiquent des investigations médicolégales, Keller est hospitalisé mais ne semble pas avoir souffert de l’accident, il est miraculeusement indemne !
Un homme prend des clichés des cadavres et suit même Keller alors que ce dernier fait connaissance de Miss Hobbs, une jeune femme, elle semble possédée par le diable…
Devant l’incompétence de la police à résoudre les causes de cet accident, David, devenu amnésique, souhaite tout de même mener sa propre enquête en parallèle…
Il rencontre le prêtre de la ville lors des funérailles des victimes….
Aidé par Miss Hobbs, David Keller se souvient petit à petit des raisons du crash de l’avion, et recouvrant la mémoire partiellement, il trouve une explication irrationnelle à toute cette mosaïque…
Un soir, Hobbs est prise d’une crise de démence et brutalise David !
Les événements vont se précipiter jusqu’à une issue hors du commun…
Mon avis :
David Hemmings, célèbre et inoubliable acteur de « Blow up » et « Profondo rosso », passe cette fois ci derrière la caméra et réalise avec ce « Survivant d’un monde parallèle » un film fantastique pour le moins atypique et d’une grande originalité par rapport aux autres œuvres de l’époque, c’est l’aspect atmosphérique du film qui en fait sa force…
Nous baignons dans une intrigue lourde et chargée en mystères, la musique de Brian May amplifie régulièrement la peur provoquée, notamment lors de séquences terrifiantes avec les visions fantomatiques de corps ou de visages brûlés, il y a une réelle ambiance et une volonté de faire flipper et cela tourne à plein régime, surtout lors des passages nocturnes…
L »’explication » du crash parait obscure et pourtant le spectateur gobe tout ça comme une lettre à la poste, l’interprétation (Robert Powell en tête) est convaincante et « Le survivant d’un monde parallèle » fait preuve d’un grand discernement dans le découpage des plans, méthodiquement, David Hemmings instaure un climat de trouille qui va monter progressivement…
Ici, pas de morts-vivants ni de vampires mais un film fantastique qui mise tout sur la suggestion et évite la grandiloquence, les quelques effets chocs sont réservés dans l’histoire afin de donner un sens onirique au film mais ne sont jamais gratuits ou hors de propos…
Dans l’ensemble, « Le survivant d’un monde parallèle » est une réussite, un film qui se suit facilement et dès qu’on y est rentré, on ne peut plus en décrocher, les premières minutes sont immersives et on a hâte de connaître l’explication…
Le flash back aux deux tiers du film est particulièrement efficace et, un peu à la manière des plus grands comme Argento, la mosaïque se reconstitue et la terreur devient soudaine, éclatant au visage du spectateur qui ne peut qu’être, lui aussi, apeuré…
Totalement à contre-courant des autres films fantastiques, « Le survivant d’un monde parallèle » revigore un genre et se détache finement de la mode des slashers qui commençaient à pulluler au début des années quatre-vingts, non, ici pas de gore ni de meurtres à la hache comme dans les « Vendredi 13 » mais bel et bien une volonté de faire peur avec des choses simples et basiques, ce qui est tout à l’honneur de Hemmings, qui s’en sort à merveille…
« Le survivant d’un monde parallèle » est une curiosité et une œuvre intelligente qui se démarque de tout ce qui a été vu en matière de cinéma fantastique, un film très méthodique qui fait froid dans le dos et qui bénéficie d’un scénario particulièrement abouti…
Le DVD sorti dans la collection Mad movies est honnête et l‘image excellente, on peut se le procurer facilement…
Si vous êtes friands de films glauques à l’atmosphère chargée et de métrages qui font peur (un peu comme « Ne vous retournez pas » de Nicolas Roeg), alors foncez, « Le survivant d’un monde parallèle » est le film qu’il vous faut !

Note : 7.5/10



mardi 14 février 2017

Colombiana d'Olivier Megaton, 2011

COLOMBIANA
d’Olivier Mégaton
2011
France
avec Zoé Saldana, Michael Vartan, Jordi Molla, Cliff Curtis, Amandia Stenberg
105 minutes
Polar/action
Produit par Luc Besson et Ariel Zeitoun
Budget : 32 000 000 dollars
Synopsis :
Colombie, 1992…
Cataleya Restrepo est une fillette de neuf ans, elle assiste au massacre de ses parents et parvient à s’échapper, elle est coursée à travers Bogota par des gangsters dont Luis Sandoval est le chef…
Une quinzaine d’années plus tard, Cataleya vit à Chicago avec son oncle, Emilio, ce dernier s’est occupé d’elle et lui a donné une éducation solide, aujourd’hui Cataleya a 24 ans et elle est devenue une tueuse sans pitié qui veut venger la mort de son père…
Très maline, elle élabore des plans insensés pour retrouver les hommes de main de Sandoval exilés aux Etats-Unis, elle se joue de la police, qui patine et ne parvient jamais à la neutraliser ; son petit ami, Danny Delanay, est un artiste peintre…
La traque est longue et sans merci et Cataleya semble résister à tous les pièges, un soir elle s’introduit dans la villa d’un baron de la drogue local et manque d’être tuée !
Mon avis :
« Colombiana » est doté d’un scénario très flemmard qui ne fait que recoller les personnages des précédents films de Besson, seul le cadre change mais les codes sont exactement identiques…
On pense pêle-mêle à la gamine de « Léon », à « Nikita » et même à Lara Croft, l’ensemble du métrage est capilotracté et le début est hallucinant d’incrédibilité, ponctué par des fusillades pétaradantes et tape à l’œil, dans une ambiance de déjà vu consternante de non renouvellement…
L’histoire aurait pu être intéressante mais Olivier Megaton, par une réalisation hyper fade, n’apporte aucun relief au personnage de Cataleya, la rendant en dilettante, malgré le fort potentiel de l’actrice Zoé Saldana (sortie d’ « Avatar » de James Cameron), la mayonnaise a bien du mal à tourner, desservie par un ramassis de clichés et de séquences totalement improbables…
Seule la plastique quasi irréprochable de Zoé Saldana semble être le principal atout de « Colombiana », quant au reste ça vole au ras des pâquerettes, on est dans une bessonnade pure et qui ne déroge pas à la règle, à la doctrine première de Besson : faire du fric !
Un contrat de placement de produit a été passé avec Honda, on voit deux fois le logo de la marque en moins de cinq minutes, cela préfigure le deal de « Samsung » avec le « Lucy » tourné quelques années plus tard…
Tourner ou produire des tas de films au détriment de la qualité, telle semble être le devise de Besson, qui ne se soucie guère des scénarios mais balance un cinéma fast-food au public peu regardant puisqu’il sait que de toutes façons, il rentrera largement dans ses frais…
Finalement, « Colombiana » est un film vain, rébarbatif et répétitif qui n’apporte rien au polar français, seul le rythme est assez soutenu mais l’intérêt se désamorce vite par la grossièreté du scénario, schématique et impossible ; une nouvelle fois on est pris pour des buses…
Besson semble devenir un cas désespéré, accumulant et multipliant les productions par le biais de sa société Europacorp, sans la moindre conscience de souci de qualité, plus ses films sortent, plus on y subit les mêmes défauts…
Le summum sera atteint avec le pachydermique « Lucy » qui reste sinistre et que l’on ne peut même pas cataloguer comme « nanar »…
« Colombiana » est un film boursouflé de prétention, aucun sens de l’humour mais une mise en scène pataude avec des comédiens insipides…
Megaton est désormais sous l’escarcelle de Luc Besson et ne fait que réaliser un film de commande pour son mentor pété de thunes…
Et ça a l’air de marcher, « Colombiana » alignant un succès au box-office…
A éviter et sans la moindre originalité, « Colombiana » ressasse les codes bessonniens et n’insuffle rien au cinéma d’action, seule Zoé Saldana, sur qui repose tout le film, s’en sort à peu près grâce à son charme, pour le reste on repassera !

Note : 2/10




lundi 6 février 2017

Independence day resurgence de Roland Emmerich, 2016

INDEPENDENCE DAY RESURGENCE
de Roland Emmerich
2016
Etats unis
avec Jeff Goldblum, Bill Pullman, Charlotte Gainsbourg
Science-fiction
119 minutes
Synopsis :
2016, vingt années se sont écoulées depuis la première attaque extraterrestre sur le sol américain, la nouvelle présidente a réussi à éviter les guerres et un projet d’implantation de satellites a lieu dans l’espace…
Alors que deux astronautes effectuent une manœuvre périlleuse sur la lune, un dangereux vaisseau apparait et manque de percuter la station spatiale…
In extremis, un des astronautes parvient à recaler le module sur la station mais il faut se rendre à l’évidence, il s’agit bel et bien d’une attaque de nouveaux aliens, hostiles et différents de ceux de 1996…
Un des rescapés parvient à décrypter le langage des aliens et une sorte de boule est retrouvée…
A partir de ce déchiffrage, les scientifiques comprennent qu’une nouvelle attaque sur le sol terrestre est en cours de se produire…
Provoquant de gigantesques tsunamis et des séismes, l’arrivée des vaisseaux aliens est probablement pire que celle que les soldats avaient dû surmonter en 1996 !
Accompagnés de membres de l’élite de l’armée américaine, la riposte se fait immédiatement…
Au sol, la population doit tout faire pour survivre et s’armer de patience, alors que les combats font rage dans le ciel…
Mon avis :
Avec ce nouvel opus de « Independence day » on constate clairement que Roland Emmerich est en perte de vitesse et qu’il a bâclé le fond de son film, survolant la psychologie des personnages et éludant la moindre once de subtilité (les soldats sont des gros bourrins, le métrage est calibré pour un public d’ados), « Independence day resurgence » s’adresse même à des gamins, les adultes seront consternés par la débilité de certains passages (les doigts d’honneur aux aliens, la fin idiote), tous les clichés ramassés dans les précédents Emmerich sont recensés en recyclage, il n’y a aucune originalité ou apport de nouveauté mais un ressassement indigeste quasiment permanent…
Patriotique jusqu’à la nausée (le drapeau américain apparait dès la quatrième minute !), le film se perd dans des conditions sur l’autorité et manipule le spectateur en ne doutant de rien sur la force des Etats unis, du coup il n’y a aucune saveur et tout est prévisible, on sait d’avance qui va gagner…
Hormis quelques séquences visuellement très réussies, « Independence day resurgence » se déballonne comme un soufflé et l’effet de surprise espéré au début retombe immanquablement au bout de vingt minutes lorsqu’on voit le niveau de jeu pitoyable des protagonistes…
Jeff Goldblum a pris un coup de vieux et semble absent, quant à Charlotte Gainsbourg, son rôle est mineur, elle semble faire de la figuration…
Le personnage de Bill Pullman (l’ancien président) n’est pas du tout crédible, il passe de sa chambre d’hôpital à un vaisseau de guerre contre les aliens, ça ne tient pas du tout la route !
L’acteur principal a le charisme d’un veau qu’on emmène à l’abattoir et certains comédiens présents dans le film de 1996 refont surface mais sont toujours aussi agaçants de suffisance, « Independence day resurgence » est clairement un film pro américain très prétentieux et sans retenue dans l’hypocrisie, Emmerich a pondu un métrage à la gloire de la puissance d’outre Atlantique sans se soucier du reste…
Seules de belles séquences de batailles et les impressionnants tsunamis provoqués par les aliens ravivent l’intérêt d’une œuvre très creuse et dénuée du moindre relief scénaristique, on sent le film de commande tardif et on comprend pourquoi Will Smith ne voulait pas être de la partie…
Avec tout de même un budget conséquent et des moyens techniques à la hauteur, « Independence day Resurgence » souffre du syndrome Emmerich, qui perd au niveau qualitatif à longueur de films sortis…
On peut même dire que ce film était inutile puisqu’il n’apporte quasiment rien par rapport au premier, l’histoire étant un copier-coller de son prédécesseur et reprenant plan par plan les mêmes codes, il n’y a aucune inventivité ou une quelconque recherche à renouveler la saga initiée en 1996, Emmerich a juste assuré le minimum syndical et ne s’est vraiment pas foulé !
Seuls les spectateurs habitués aux blockbusters estivaux y trouveront peut- être leur compte, les cinéphiles adeptes de science- fiction passeront leur chemin devant ce naufrage et réviseront leurs classiques avec des films plus recherchés…
On est vraiment dans le creux de la vague et « Independence day resurgence » sonne le glas de la carrière de Roland Emmerich qui a perdu tout ce qui faisait le charme de ses quelques « bons » films, une poignée de films sincères et surtout où il avait bossé en s’impliquant mieux que ça (« 2012 » par exemple)…
Les aliens, quant à eux, ne sont pas beaucoup présents et subsistent trois ou quatre scènes assez toniques,  pour le reste, on s’ennuie ferme…
Un film vraiment pas indispensable, à posséder uniquement pour ceux qui veulent avoir l’intégrale des films de Emmerich…

Note : 1/10